Isabelle Vialle – Par les chemins de traverse – Marciac

Isabelle Vialle – Par les chemins de traverse

Du 15 avril au 29 mai 2023 – Vernissage samedi 15 avril à partir de 11 h

Par les Chemins de traverse, on découvre la nature, un autre regard, une perception, une approche du vivant, du monde qui nous permet de respirer et d’être en osmose avec notre planète.

Je m’inspire de l’énergie tellurique et vivante d’un morceau d’écorce, d’une souche, d’un tronc aride, ces choses belles et étranges, à la fois banales et rares apparemment inertes et presque fossilisées et pourtant toujours en mouvement.

Elles évoquent les prémices des possibles et ses mystères entre ce qui a été et ce qui va devenir. La trace d’un insecte xylophage ou courbature insolite d’une branche qui à subi les assauts du temps et souvent plus intéressante qu’une vue d’ensemble. Tout est en supposition et en interprétation

Isabelle Vialle

C’est une foule végétale, une foule compacte, qui absorbe la lumière et apprivoise l’ombre. Enracinée, enchevêtrée, verticale, elle occupe tout l’espace du tableau, s’étend à gauche, droite, en haut et en bas. Impossible d’échapper à cette masse monochrome dont l’immobilité n’est qu’apparente…

Ses reflets dans les eaux sombres de la mangrove l’augmentent d’une part égale à sa hauteur, elle paraît croître dans les deux sens, vers l’obscur comme vers la lumière. Double jeu de physionomies contraires et semblables. Eternelle ambivalence. Comme le yin et le yang. « Toute situation, tout état du monde et de l’esprit, est une combinaison de yin et de yang, et une combinaison changeante, transitoire, toujours en mouvement vers une autre combinaison », écrit Emmanuel Carrère, dans Yoga.

Cette foule végétale aspire à l’élévation et chaque centimètre gagné vers le ciel s’inscrit dans le miroir mouvant qui baigne ses racines. Reflet de ses espoirs comme de son impuissance à atteindre l’inaccessible. Cette foule d’enracinés, d’enchevêtrés, de verticaux ressemble en bien des points à la société des humains ; chacun aspire de la même façon à l’impossible tout en s’énivrant de son propre reflet…

Les corps s’entremêlent, s’embrouillent, se compliquent l’existence en un lent processus durant lequel le vivant lutte contre ses propres démons.

Oui, la peinture est ici allégorie de notre humanité foisonnante et prévisible. La vie tue la vie et c’est l’avenir tout entier qui s’en trouve obstrué. Symbole de nos existences, les arbres de la mangrove s’élèvent comme ils peuvent. Ils n’ont pas d’autre choix que la lumière, espoir insensé d’un ailleurs rayonnant.

Peinture vue par BLIK – Miroir de l’Art 

À l’âne bleu, Ruelle, angle 19 rue Saint Pierre, 32230 Marciac Tél : 06 87 54 70 17

Du vendredi au dimanche de 15h à 19 h

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