Géraldine Lay – Marc Riboud « Le Japon en duo  » – Lyon

Géraldine Lay - Marc Riboud "Le Japon en duo " - Lyon

Géraldine Lay – Marc Riboud « Le Japon en duo  »

Du 10 septembre au 31 décembre 2022 – Vernissage samedi 10 septembre de 14h à 20h

en présence de Géraldine Lay et Catherine Riboud

L’un, Marc RIBOUD, en noir et blanc, a voyagé au Japon en 1958 – série à (re)
découvrir – aurait eu 100 ans en 2023.

L’autre, 50 ans, Géraldine LAY, en couleur, est partie au hasard de ses itinéraires
quatre fois trois semaines (de 2016 à 2019) à la découverte de cet archipel.
Chacun devant cet inconnu, sans protocole et sans attente préméditée, laisse la
fragilité de sa perception diriger la découverte.

Quatre automnes, 2016-2019 de Géraldine Lay est une création réalisée avec l’aide
à la première exposition du Cnap – Centre national des arts plastiques et le soutien
de l’Institut français.

Le Japon en duo

Géraldine Lay, Quatre automnes, 2016-2019

Anne Cornu à propos de Géraldine Lay

« Quatre automnes, 2016-2019 »

Diplômée de l’Ecole Nationale de photographie en 1997, Géraldine Lay vit et travaille à Arles où elle est éditrice chez Acte Sud. En 2016, l’Institut français et la ville de Lyon lui allouent une bourse de résidence au Japon. Géraldine y crée une série qui constitue une nouvelle étape dans ses explorations des espaces urbains et dans la mise en question de l’humanité citadine, une série construite de façon instinctive au hasard des rencontres.

L’artiste fera quatre séjours au Japon. Lors du premier voyage, elle photographie peu et ne comprend qu’à son retour en regardant les planches contacts ce que le Japon a d’étrange et d’insaisissable. Elle repart pour trois séjours de trois semaines en trois ans sans que l’étrangeté du pays disparaisse. Comme Nicolas Bouvier dans les « Chroniques japonaises », Géraldine Lay constate qu’ « autrefois comme aujourd’hui, les gens de ce pays vivaient secrètement. » Les individus photographiés semblent enchevêtrés dans les mailles d’un décor.

L’artiste appréhende tout d’abord mentalement les territoires qu’elle a choisis avant de les photographier. Elle en éprouve la lumière, l’atmosphère… Imprégnation plus que repérage, elle instille une intimité au coeur de l’anonymat. Au fil de ses déplacements à pied – elle marche beaucoup – elle saisit des vies dans le mystère de leur existence quotidienne. Un regard, une expression, un objet abandonné, des contrastes, des ombres portées, des bâtiments plus ou moins abandonnés, plus ou moins graffités, des êtres en mouvements ou occupés à une pensée intérieure… les photographies de la série font voyager le spectateur dans un Japon violemment réel et pourtant insaisissable.

Géraldine Lay s’arrête dans les lieux en marge, dans les villes de moyenne importance aux alentours d’Osaka, de Kyoto, de Nagoya, de Kanazawa ainsi que dans les préfectures du Kansaï et du Chubu. Elle accepte de confronter son imaginaire à celui d’un peuple qui s’est construit sur une nature dangereuse et qui, sous les influences du shinto et du bouddhisme, a intégré les fantômes, les métamorphoses et les esprits dans son quotidien. Géraldine Lay ne cherche ni à comprendre, ni à expliquer. Elle aime les étonnements et se trouve enrichie en faisant l’expérience de l’étrangeté.

A l’heure d’une universalité standardisée, les photographies de Géraldine Lay réaffirment tout à la fois la permanence des individualités singulières et la résistance des identités collectives.

Marc Riboud, Tokyo, 1958

Claude Estèbe à propos de Marc Riboud

Paru dans « Marc Riboud, Histoires possibles », éd. RMN / Musée Guimet, Paris, 2020

Extrait(s) de « L’homme qui marche»

En 1955, Marc Riboud décide de partir loin, pour fuir la France, sa famille et même Magnum. George Rodger lui cède sa Land Rover avec laquelle il part trois ans vers les routes d’Asie. Sans agenda… et pas question de planifier des reportages, ça l’ennuie. À l’automne 1955, il part d’Istanbul, traverse les zones tribales entre l’Afghanistan et le Pakistan et voyage à son rythme, heureux de sa solitude, s’installant quelques mois au Népal et passant un an à Calcutta, côtoyant Satyajit Ray et Ravi Shankar.

En 1958, il clôt son périple par l’Indonésie et le Japon, sujet de son premier livre. Les routes afghanes, indiennes, chinoises et japonaises lui ont appris, dit-il, « quelque chose qu’aucun maître si grand soit-il n’aurait pu m’enseigner ». Après ce voyage, tout est en place. Il va désormais enchaîner, avec toujours autant d’allant, les reportages et les voyages durant toute sa longue carrière.

Le fonds de Marc Riboud est désormais au musée national des Arts asiatiques – Guimet (MNAAG) où il va dialoguer avec les riches collections asiatiques du musée. Ainsi, son oeuvre répond à celle d’un des premiers grands pionniers du reportage de guerre, Felice Beato (1832-1909), dont le MNAAG conserve de rares albums, sur l’Inde, la Chine, la Birmanie et le Japon.

L’oeuvre de Marc Riboud, malgré son incroyable diversité, reste extrêmement cohérente, parce qu’il aborde tous les sujets en gardant un continuum d’esthétique et de sensibilité qui doit beaucoup au fait qu’il n’a quasiment jamais accepté de travail de commande, ne voulant pas plaquer par avance un angle de vue sur un sujet ou un voyage.

Marc Riboud a été « très très heureux de [son] séjour à Tokyo », frappé par « cet équilibre sur la corde raide que les Japonais maintiennent avec difficulté, entre cette furieuse occidentalisation et industrialisation, et l’instinct oriental qui demeure dans la vie quotidienne de chacun », ainsi que par « l’aspect chaotique d’une société livrée aux hasards du libéralisme ». Il y a rencontré le photographe Hiroshi Hamaya (1915-1999), au travail quasi ethnographique et qui a « un sens des volumes, une spontanéité et une fraîcheur de vision exceptionnels ».

Mais la vie au Japon coûte cher, Riboud n’arrive pas à obtenir assez de reportages pour couvrir ses frais et, après être resté quasiment quatre mois pendant lesquels il a pris deux cent cinquante films, il doit écourter son séjour, à regret.


OUVERTURES EXCEPTIONNELLES

Journées professionnelles – Biennale d’art contemporain de Lyon
Lundi 12 et mardi 13 septembre de 11h à 19h
Nocturne Osez les galeries
Jeudi 15 septembre jusqu’à 21h
Journées européennes du patrimoine
Dimanche 18 septembre de 15h à 18h

Galerie Le Réverbère Catherine Dérioz Jacques Damez, 38 rue Burdeau 69001 Lyon Tél : 04 72 00 06 72

Ouvert du mercredi au samedi, de 14h à 19h, et sur rendez-vous en dehors de ces horaires.

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