Expositions Medellín, une histoire colombienne & Hessie, Survival Art | Les Abattoirs – Toulouse

Du 29 septembre au 21 janvier 2018 – Vernissage vendredi 29 septembre à 18:30 – 23:00

http://www.lesabattoirs.org

Medellín, une histoire colombienne de Fernando Botero à Iván Argote

Medellín, une histoire colombienne de Fernando Botero à Iván Argote

Images de l’exposition 

Les Abattoirs présenteront cet automne à Toulouse Medellín, une histoire colombienne dans le cadre de l’année France-Colombie. Cette exposition, présentée pour la première fois en Europe, se propose d’aborder l’histoire récente de la Colombie à
travers le regard de ses artistes pour qui, répondre par l’art aux traumatismes et à l’ahurissement provoqués par les conflits des dernières décennies semble être une nécessité.

Ce projet réunissant près de 40 artistes, dont certains n’ont jamais été présentés en Europe, met l’accent sur les pratiques artistiques dans la région d’Antioquia et de sa capitale Medellín des années 1950 à nos jours. Elle présente près d’une centaine d’œuvres de différents formats – peinture, photographie, installation, vidéo, Vivi Ospina, Reunión de caciques Réunion de caciques), Photo analogique, impression argentique, 30 x 40 cm, Courtesy Proyecto Bachué, Colombie.etc – en particulier un ensemble de prêts exceptionnels provenant des collections du musée d’Antioquia à Medellín, ainsi que des productions d’artistes colombiens invités. L’exposition développe les thèmes forts de l’histoire colombienne récente, ceux d’un pays métissé, qui a été en proie à la violence au cours du 20e siècle et a été engagé dans la seconde partie du siècle dans le plus long conflit armé intérieur du continent sud-américain.

Porté par trois temps – les causes de la guerre, sa complexité et ses multiples ramifications, notamment sociales, et enfin, la voie vers la paix – le parcours débute sur la création d’une scène moderne et contemporaine spécifiquement colombienne à partir des années 1950, avec des artistes comme Fernando Libia Posada (Medellín, 1959), Points cardinaux, 2010 Photographie numérique sur papier – Poliptique, 100 x 80 cm c/u Courtesy de l’artisteBotero, Carlos Correa et Benjamín de la Calle. L’exposition souligne ensuite combien la violence politique et la tension sociale ont marqué plusieurs générations d’artistes, en passant par les artistes du signe et du concept – Antonio Caro, Taller 4 Rojo, Adolfo Bernal, etc – jusqu’à l’essor remarqué d’une scène actuelle particulièrement prolixe, qui s’inscrit dans un présent en évolution avec le processus de paix engagé.

Le parcours permet d’approcher l’évolution de la violence et ses conséquences, collectives et individuelles, dont le cycle tente d’être rompu par le récent accord de paix avec les FARC. L’exposition permettra de découvrir une scène artistique extrêmement riche et d’envisager un autre regard sur le monde, avec l’exemple de cette scène qui s’est créée au sein d’un environnement contextuel détonant, et dont la force créatrice et vindicative marque les esprits par un art engagé et souvent social. L’exposition met ainsi particulièrement l’accent sur la résistance des femmes dans ce conflit – Libia Posada, Clemencia Echeverri, Delcy Morelos, Laura Huertas Millán, etc – et sur la manière dont leurs œuvres sont révélatrices des cicatrices physiques et émotionnelles engendrées par la violence au long cours, mais aussi de leur capacité de réinvention, un thème fondamentalement universel.

Dans le cadre de l’année France – Colombie 2017, l’exposition est organisée conjointement par les Abattoirs et le Museo de Antioquia de Medellín. Elle est construite autour d’un corpus issu des collections du musée d’Antioquia de 1913 à nos jours, d’artistes colombiens de la région de Medellín invités en production à Toulouse. Plusieurs productions d’artistes colombiens de la diaspora, notamment en France, seront également présentées. Des objets issus des collections précolombiennes du musée des Jacobins de Auch, deuxième collection de France, mis en scène dans le parcours des Abattoirs feront un écho historique à la scène artistique actuelle. En retour, dans le cadre de la diffusion en région des Abattoirs – Musée, Frac Occitanie Toulouse, seront présentées à Auch au sein des collections permanentes, des œuvres de l’artiste colombiens Léonardo Ramos. 

Artistes présentés aux Abattoirs, Toulouse :
Archivo Pacifista, Diego Arango, Iván Argote, Débora Arango, Fernando Arias, Maria Jose Arjona, Taller 4 Rojo, Marcos Avila Forero, Álvaro Barrios, Adolfo Bernal, Fernando Botero, Benjamin de la Calle, Francisco Antonio Cano, Antonio Caro, Christina Castagna, Natalia Castaneda, Luz Elena Castro, Carlos Correa, Wilson Díaz, Juan Manuel Echavarría, Clemencia Echeverri, Gonzalo Escovar, Ethel Gilmour, Béatriz Gonzalez, Carlos Granada, Juan Fernando Herran, Albeiro Lopera Hoyos, Rafael Mesa, Laura Huertas Millán, Pablo Mora, Delcy Morelos, Oscar Muñoz, Viki Ospina, Ana Patricia Palacios, Libia Posada, Federico Rios, Miguel Ángel Rojas, Camilo Restrepo, José Alesandro Restrepo, Rodriguez, Rafael Sàenz, Carlos Uribe, Santiago Vélez, Nirma Zarate, etc

Hessie, Survival Art

Hessie, Sans titre, 1978, broderie au fil bleu sur tissu, 77 x 159 cm, donation Daniel Cordier au Mnam en 1989, dépôt aux Abattoirs © Hessie ; copyr. photo. Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GPDu 29 septembre 2017 au 4 mars 2018

Femme, autodidacte, immigrée, Hessie est une des rares artistes de couleur active sur la scène française des années 1970. A partir de la fin des années 1960, celle-ci a développé une œuvre singulière, faisant de la broderie et du collage un message de survivance et de féminisme. Comme d’autres artistes de sa génération, elle se réapproprie cette pratique féminine artisanale pour en faire une écriture contemporaine du fil et de l’aiguille.

La manière dont Hessie fait sienne une activité longtemps considérée comme archaïque et anonyme par l’histoire la rapproche pourtant des avant-gardes, notamment des développements abstraits du minimalisme, 

Boutons bleus (No.Inv.031), 1974-75 Boutons bleus et gris cousus sur tissu de coton, monté sur châssis - 165 x 295 cm Photo : Béatrice Hatala © Courtesy Galerie Arnaud Lefebvre

tout comme des mouvements sociaux de libération des femmes. Cette première exposition d’envergure dans un musée français depuis près de quarante ans participe à la redécouverte entamée il y a quelques années d’une artiste longtemps marginalisée par l’histoire de l’art.

L’histoire de Hessie résonne aussi comme celle d’une femme du XXe siècle dans un monde globalisé, y compris dans le mystère qu’elle continue d’entretenir autour des événements de sa vie. Née en 1936 dans une famille métissée des Caraïbes, Hessie quitte l’île de Cuba pour un périple, notamment américain, avant de s’installer en 1962 avec le peintre Dado, à Hérouval, en Haute Normandie à une heure de Paris, dans un moulin cédé par le collectionneur Daniel Cordier. Dans cette maison où elle vit  toujours, Hessie (Carmen Boîtes, (No.Inv.189), 1975 Boîte en bois à couvercle mobile en plexiglas, contenant morceaux de tissus, plumes, fleurs artificielles, etc., 25,7 x 38,5 x 5,4 cm © Courtesy Galerie Arnaud LefebvreLydia Djuric) s’aménage rapidement un atelier qui lui permet de se retirer comme dans une bulle de création pour tisser les trames d’un temps domestique. Dans cette “chambre à soi”, selon l’expression de Virginia Woolf, elle développe une œuvre hors temps, hors case, qu’elle a poursuivie jusqu’à aujourd’hui. S’appropriant des matériaux pauvres, domestiques (papiers, vêtements, déchets, poils, poussières…), féminins (tissus, fils, boutons) ou liés à l’enfance (jouets), elle donne pourtant forme à un langage plastique rigoureux, minimal et souvent abstrait. Tout en échappant aux catégories établies, son œuvre reste puissamment contemporaine. Pour la critique d’art Aline Dallier, elle fait alors partie des “Nouvelles Pénélopes” qui usent du langage féminin pour le subvertir. Quant aux séries d’œuvres brodées ou collées – Grillages, Végétations, Bâtons pédagogiques, EcrituresTrousDéchets ou Boîtes -, elles témoignent aussi d’affinités avec des mouvements contemporains tels que le minimalisme, le process art, l’antiform, le soft art, mais aussi l’arte povera et Support/Surface. 

les Abattoirs, 76 allées Charles-de-Fitte 31300 Toulouse . Tél : 05 34 51 10 60 (accueil musée). http://www.lesabattoirs.org
Du mercredi au vendredi 10h-18h, samedi et dimanche 11h-19h. Nocturnes jusqu’à 20h les jeudis
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