Exposition « UTOPIE DYSTOPIE » Michel Fourcade | Galerie Nadine Granier – Albi

« UTOPIE DYSTOPIE » Michel Fourcade

Du 16 septembre au 14 octobre 2018 – Vernissage dimanche 16 Septembre de 17 h à 20 h

« UTOPIE DYSTOPIE » Michel FourcadeIl est toujours difficile d’écrire pour un ami, mais pour qui le connaît, Michel Fourcade est un aventurier, quelqu’un qui ne se satisfait pas de faire et refaire au fil des expositions les mêmes traits et formes.
Certains depuis trente ans surfent sur la vague qui à un moment les a portés.

Fourcade a commencé par l’Hyperréalisme, où il faisait montre d’une grande dextérité et tout en finesse, c’est-à-dire sans à-coups, il est passé doucement de l’Hyperréalisme à l’Abstraction, la non-figuration pourrais-je dire.
Mais une abstraction puissante et brillante, pas de celle assez pauvre iconographiquement, terne et inexpressive, que l’on voit souvent sur certaines cimaises.

« UTOPIE DYSTOPIE » Michel FourcadeIl n’est pas évident d’être abstrait tout en se renouvelant, il faut un recul et une connaissance de l’histoire de l’Art !

Et depuis quelques années, il est revenu doucement également à la figuration, mais avec ce que lui a appris l’abstraction, les recouvrements et assemblages.

Il a, en quelque sorte, un peu la même démarche, tout en proposant des façons différentes, que Mike Kelley, Gerhard Richter ou Martin Kippenberger, par exemple, c’est-à-dire des artistes qui sont passés et passent très aisément d’un style à un autre, tout en conservant le même savoir-faire, des artistes multidisciplinaires.
Cela est peut-être dû à l’exigence et la curiosité que l’on demandait d’avoir aux étudiants des Beaux-Arts ?
« UTOPIE DYSTOPIE » Michel FourcadeEn cela, j’ose dire qu’il est un grand artiste.

Mais de toute façon, Michel est boulimique de tout ce qui est culturel et cela dès son plus jeune âge, Littérature, Art Plastique, Musique, Théâtre, Cinéma, etc.
Il peint, dessine, photographie, fait de la vidéo, de la 3D, ainsi que la musique de ses vidéos et, dans certaines expositions, il montre l’étendue de toute sa palette lorsque le lieu le permet.

Dans ses peintures récentes il construit certes les mêmes scènes qu’il y a trois ans, mais avec un coup de pinceau allégé, bien moins technique.
Il apparaît quelque chose dans ces nouvelles peintures : l’utopie et la dystopie.

Comme le dit l’écrivain Jean-Paul Chavent : « Chez Fourcade, toute forme qui apparaît semble toujours prête à se transformer en une autre.
De cette manipulation du regard naît alors un espace singulier, non dépourvu d’humour ».

Ainsi, Michel lors d’un entretien : « J’aime beaucoup Rembrandt et Vermeer et Matisse, je ne peindrais pas comme je le fais actuellement si Rembrandt n’avait pas existé, il m’a appris la lumière, Vermeer et Matisse la couleur.
Bien entendu, la manière dont j’appréhendais le volume aux Beaux-Arts, m’a aussi appris la lumière et la décomposition des formes, ce dont je me sers actuellement. »

Si je dois définir son travail actuel, c’est une accumulation de bouts de paysages.
La ville, pour lui, est une immense sculpture formée de cubes ou parallélépipèdes se

superposant, disposés de telle façon qu’ils se recouvrent entre eux, presque indéfiniment.

Dans l’histoire de chaque toile les bâtiments ou parties de nature constituant l’image ne sont jamais à leur vraie place.

C’est un choix esthétique et il aime combiner et associer les éléments constituants une ville, un paysage, tout comme la vie est mélange de genres, d’ethnies, de catégories d’espèces, de personnages etc.
Dans ces paysages, certains pans de murs peuvent faire penser à des décors Hollywoodiens, ils sont coupés et laissent voir une scène qui n’a rien à voir avec le premier plan.

Comme dans un film de David Lynch, dont je sais que Michel est un inconditionnel absolu, comme le sont d’ailleurs beaucoup d’artistes.

Il nous montre l’utopie et la beauté de paysages urbains, mais également, dans certaines toiles, la dystopie qui peut exister parfois dans un même lieu, une forme de récit de fiction se déroulant dans une scène ou société imaginaire, dont les dysfonctionnements et anomalies sont annoncés.

Mais tout en montrant de belles images dans lesquelles il fait preuve à nouveau d’une très grande maîtrise.
Et si certaines visions sont apocalyptiques, c’est pour nous dire, même au travers de belles peintures, qu’il nous faut faire attention à la Planète sur laquelle on existe.

« Ars longa, vita brevis » comme le disait Hippocrate…

Peter Banner (Traduction de l’Anglais, Claire Beaumont)

13, rue Puech Bérenguier (Vieil Alby) 81000 Albi(sortie Autoroute Albi Université) Tél : 05 63 38 98 76 – 06 82 10 61 13
Ouvert du mardi au samedi de 14 h à 18 h, les matins et le dimanche, visite libre sur R.d.V.

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