Exposition «Une Guerre sans nom, 1954 – ALGÉRIE – 1962» | Mémorial du camp de Rivesaltes – CIP Couvent des Minimes

Une Guerre sans nom, 1954 – ALGÉRIE – 1962

Du 15 mars au 13 mai 2018 

guerre Algérie - Marc Riboud Vernissage au Centre International du Photojournalisme : jeudi 15 mars à 18h
Vernissage au Mémorial du Camp de Rivesaltes : vendredi 23 mars à 17h30

http://photo-journalisme.org/fr/expositions

http://www.memorialcamprivesaltes.eu

Marc Riboud, Raymond Depardon, Pierre Boulat & Jacques Hors

guerre Algérie - Raymond DepardonSe poser la question de comment a été photographiée la guerre d’Algérie – et sur ce point il y a une masse considérable de photos – revient souvent à faire ressurgir une mémoire, à établir une disproportion entre les photos d’amateurs, celles des professionnels, celles de l’armée française comme celles plus rares de l’ALN (Armée de Libération Nationale), à définir enfin le déséquilibre de la représentation des Français d’Algérie et des militaires d’un côté et les Algériens de l’autre côté. Nous en sommes bien conscients.

Les deux expositions présentées au Centre International du Photojournalisme et au Mémorial du Camp de Rivesaltes ont la même appellation : une Guerre sans nom, 1954 – Algérie – 1962.

guerre Algérie - Raymond DepardonLe parti pris a été de choisir dans les énormes fonds photographiques existants une centaine de photos de reporters-professionnels connus pour leur capacité à capter l’instant comme Marc Riboud, Raymond Depardon, Pierre Boulat, Pierre Domenech et celles d’un médecin, appelé en Algérie, Jacques Hors*, sans oublier le Fond Bailhache. Ces photographes étaient aussi animés par la volonté d’apporter une plus grande visibilité à cette guerre camouflée en événements et qui ne disait pas son nom. En écho, le Mémorial du Camp de Rivesaltes renvoie l’image d’un espace où si la guerre n’est pas présente, les acteurs de cette guerre le sont : photographes amateurs et journalistes suivent les arrivées et départs de membres du FLN, l’arrivée ensuite des ex-supplétifs de l’armée française en une série d’images fortes.

guerre Algérie - Pierre BoulatLe plus important, nous dit Marc Riboud, c’était d’être rapidement là où il se passait quelque chose. Il fallait être parmi les premiers, être tout proche des événements quitte à prendre des risques, et à se trouver dans le double mouvement de manifestations des nationalistes algériens qui brandissent pour la première fois et ouvertement le drapeau algérien, et celle des « ultras » de l’Algérie française qui veulent en découdre
avec les gardes mobiles pour garder l’Algérie à la France. Riboud, Depardon et Boulat en saisissent toute la force, toute la violence. Jacques Hors, quant à lui, nous dévoile l’intime des populations qu’il croise…

A l’issue de ce choix de photos, il revenait à l’historien non pas de les analyser mais de les réinscrire dans l’histoire de la guerre d’Algérie. Autour des photographies exceptionnelles qui s’échelonnent de 1954 et au-delà, Jean-guerre Algérie ©-Pierre DomenechJacques Jordi a élaboré un discours qui, volontairement, n’analyse pas les photographies mais les replace dans l‘Histoire, et permet de mieux les comprendre.

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, les positionnements idéologiques se cristallisent plus que par le passé. Le soulèvement en Kabylie en mai 1945 et la répression qui s’ensuit creusent encore plus le fossé entre les communautés. Mais au-delà des prises de position, on a l’impression que l’Algérie elle-même reste coupée entre insouciance et paupérisation. Quand la guerre éclate à la Toussaint 1954, on se rend
compte que la population devient très rapidement un enjeu de guerre entre le tout-jeune Front de libération nationale (FLN), et son bras armé l’Armée de libération nationale, et l’Armée française. D’un côté comme de l’autre, guerre Algérie ©-Fond Bailhacheon essaie de faire basculer les populations et en premier la population rurale musulmane par tous les moyens, de l’attirance à la torture, des rêves aux cauchemars.

Direction éditoriale : Jean-Jacques Jordi

* Jacques Hors était responsable de l’Hôpital civil de la ville où il effectuait son service (El Bayadh – Geryville). À cette occassion, il a cotoyé la population de la région sud-ouest de l’Algérie.

JOURNÉES D’ÉTUDES

guerre Algérie La place du témoignage

Vendredi 23 mars : 18h30 – 21h – Samedi 24 mars : 10h30 – 13h / 14h30 – 17h30

Les journées d’études s’adressent à tous. Le public est invité à intéragir avec historiens, sociologues, anthropologues et membres du Conseil Scientifique du Mémorial. Cette année les journées d’études traitent de la place du témoignage.

Intervenants : Denis Peschanski, Michel Agier, Henri Boyer, Alain Chatriot, Isabelle Chaudieu, Fatima Besnaci-Lancou, Brigitte Sion, Jacqueline Eidelman.

Pour consulter le programme dans son intégralité : cliquez ici

Réservation indispensable au 04 68 08 39 70 / info@memorialcamprivesaltes.fr

Mémorial du camp de Rivesaltes, Av. Christian Bourquin, 66 600 Salses-le-Château  Tél: 04 68 08 39 70

Centre International du Photojournalisme, Couvent des Minimes – 24, rue Rabelais
Entrée gratuite tous les jours de 11h à 17h30

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