Exposition “Un dictateur en images” Heinrich Hoffmann | Pavillon Populaire – Montpellier

“Un dictateur en images” et “Regards sur les ghettos” Heinrich Hoffmann

Du 27 juin au 23 septembre 20188 – Vernissage mardi 26 juin à 18h30

https://www.montpellier.fr/les-expos-du-pavillon-populaire

Exposition "Un dictateur en images" Heinrich HoffmannLe Pavillon présente un ambitieux projet cet été : Un dictateur en images. Photographies de Heinrich Hoffmann, et Regards sur les ghettos. Photographies de propagande allemande et des photographes juifs des ghettos d’Europe orientale (octobre 1939-août 1944). Placée sous le commissariat d’Alain Sayag et la direction artistique de Gilles Mora, avec la participation du Mémorial de la Shoah, cette exposition a un double objectif.

Une saison sur l’Histoire et la Photographie

La photographie documentaire constitue le pan le plus riche offert à celui qui s’empare de l’appareil photographique dans une ambition d’archivage ethnographique ou bien comme levier d’imposition d’un projet idéologique et de sa propagande ou, plus fréquemment encore, comme témoignage de conflits sociaux par le biais du photo-journalisme. Dans ces perspectives, la photographie vient se lier de façon intime à l’Histoire, soit pour en enregistrer les évènements très souvent tragiques, soit pour en orienter le cours.
C’est autour des ces cousinages entre photographie et Histoire, que se concentre la saison 2018 du Pavillon Populaire. Il ne s’agira pas d’artistes, mais de documents souvent inédits, comme ce constat glacial réalisé au sein des ghettos de Pologne. À chaque fois, les relevés de la photographie, si intimement liée au temps, s’avèrent capitaux pour les historiens. Hermann Broch, le romancier / philosophe autrichien engagé dans les Exposition "Un dictateur en images" Heinrich Hoffmanndénonciations des totalitarismes, nous aide à configurer les lectures nécessaires qu’imposent à l’histoire les témoignages photographiques de celle-ci : « L’Histoire, écrit-il, n’est pas seulement de faire réapparaître le passé dans le présent, elle doit aussi replonger le présent dans le passé, afin qu’il redevienne le futur du passé. » La photographie, devant l’Histoire, participe de cette activation multi temporelle aussi bien qu’éthique, qu’on appelle le « devoir de mémoire ».
(Gilles Mora, Directeur artistique du Pavillon Populaire)

“Un dictateur en images”

Inventée dans les années trente la propagande photographique est partout présente dans l’Allemagne nazie. Hitler se défie des photographes et les fuit au début de sa carrière politique mais il comprend très vite l’importance de ce mode de représentation pour projeter l’image de « chef » qu’il souhaite imposer au public. Artiste « raté » il trouve dans Heinrich Hoffmann celui qui va donner une forme visuelle à cette fiction et il peut être considéré comme le véritable auteur de cette imagerie qu’il met au point progressivement de 1924 à 1927. Elle va se figer après la prise de pouvoir en 1933 dominant la propagande nazie. Constamment reprise entre 1934 et 1940 cette iconographie se délite rapidement, à partir de 1942 pour ne plus se nourrir que de redites, Adolf Hitler s’isolant dans l’espace clos de ses Quartiers Généraux ou dans sa retraite alpine du Berg Hof. Ce sont ces images d’un Führer délibérément fabriquées mais qui se donnent pour la vérité qui ont confortées l’idéologie nazie. Ce sont elles que l’on retrouve dans tous les livres d’histoire coupées de leur contexte. C’est ce système de propagande dévastatrice que cette exposition entend démonter pour mieux le dénoncer en donnant à voir 240 images choisies parmi les 12 000 portraits que Heinrich Hoffmann à réalisés entre 1924 et 1945. (Alain Sayag, Commissaire de l’exposition)

“Regards sur les ghettos”

En 1939, après avoir vaincu et envahi la Pologne, les nazis créent les premiers ghettos pour isoler les populations juives au coeur des grandes villes, Varsovie et Łódź, comme dans les petites bourgades. Après juin 1941 et l’invasion de la Russie ils se multiplieront pour enfermer les millions de juifs tombés entre leurs mains.
Le ghetto c’est d’abord pour les populations recluses le lieu où l’on tente de pratiquer une vie sociale et économique « normale ». Mais peu à peu le piège va se refermer et les ghettos après 1942 seront vidés et leur population envoyée dans les camps de la mort.
Plusieurs regards photographiques sont confrontés dans cette exposition du Mémorial de la Shoah. Celui des photographes des compagnies de propagande allemandes qui mettent en scène les stéréotypes nazis, celui de « curieux », administrateurs ou de soldats et surtout celui des photographes juifs qui veulent témoigner du sort fait à leur communauté. Leurs clichés, souvent dissimulés sur place, sont la seule trace qui reste de « ces corps qui ont disparus ».(Alain Sayag, Commissaire associé)

Le premier volet consacré aux photographies d’Heinrich Hoffmann, photographe officiel d’Adolf Hitler, déconstruit le dispositif de propagande par l’image mis en oeuvre par l’administration nazie en Allemagne entre 1933 et 1945. Démontrant comment la figure d’Hitler a pu être mise en scène pour s’imposer à tout un peuple, il rappelle que les photographies du dictateur, montrées comme documents d’archive dans les livres d’histoire, ont été conçues et doivent être appréhendées comme des outils de propagande.

Le second volet, proposé par le Mémorial de la Shoah, présente plusieurs séries de photographies des ghettos de Pologne. Prises par des inconnus – soldats, fonctionnaires ou captifs des ghettos – ces images sans « filtre » dressent un constat glacial de la réalité, illustrant de manière quasi-clinique un des résultats les plus sordides de la propagande dont l’exposition a, dans un premier lieu, démontré les ressorts.

Pavillon Populaire, Esplanade Charles de Gaulle — 34000 Montpellier T +33 (0)4 67 66 13 46

Du mardi au dimanche (sauf 25 décembre, 1er janvier et 1er mai)
Hiver : 10h – 13h et de 14h – 18h / Eté : 11h – 13h et 14h – 19h

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