Exposition «Traits essentiels» | Nayart La Minoterie

Du 3 mars au 30 avril 2017 – Vernissage  vendredi 3 mars à partir de 18h30

https://www.nayart.com/

Denise Samson-Dissès, Yin et Yang, pastel à l’huile sur toile, 100 x 80 cm, 2015Marine Bourgeois, Robert Boutiq, Laure Duboé, Mario Roucaute, Denise Samson-Dissès.

«  En 1911 était publié l’ouvrage fondamental de Kandinsky « du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier ». Largement occulté pour de multiples raisons, il ne fut traduit en français qu’en 1949. L’artiste y affirmait contre le matérialisme ambiant qu’une œuvre d’art n’avait pas vocation à être belle, plaisante ou agréable. Qu’elle ne pouvait avoir d’existence en raison de sa seule apparence ou de sa forme qui réjouit nos sens et qu’ainsi donc, clairement, la valeur de la peinture ne peut être d’ordre esthétique. Une éthique sévère se dessine alors contre un principe de séduction considérant que l’œuvre n’a de sens ultime que lorsqu’elle est apte à provoquer les vibrations de l’âme puisque l’art est le langage de l’âme et que c’est le seul.

Laure Duboe, Sans titre, encre de chine sur papier, 31 x 41 cm, 2016Le langage purement abstrait était né, dessinant deux extrêmes : D’un côté, un lyrisme qui devait épancher la couleur jusqu’à l’éclaboussure et de l’autre un ascétisme géométrique, hermétique et cérébral. Ce que Kandinsky décrivait comme « une nécessité intérieure », la manifestation de l’homme honnête, l’homme en quête de lui-même, a été interprétée d’une façon radicale comme une posture devant nécessairement dépasser une situation de subordination vis-à vis de la nature. Pour toute une école rejetant la figuration, l’absolue création ne devait plus dépendre de l’imitation des formes du modèle naturel.

Face à cette exigence excessive, c’était encore se méprendre sur le fait que si une œuvre ne représente pas une « chose extérieure », elle fait pourtant aussi bien partie du monde. Elle s’inscrit dans un tout et dans un panthéisme que redécouvriront les romantiques. Éclatera alors cette possibilité d’exprimer par la forme élémentaire peinte (un point, une ligne, un trait, une courbe ou encore un hiéroglyphe) une « incarnation de l’être ». Mais pour être parfaitement juste, cette histoire remonte à la nuit des temps, dans les lointaines cultures que notre civilisation occidentale ignore.

L’exposition « traits essentiels » pourrait bien nous renvoyer à cette genèse de la quête harmonique de l’homme qui ne cherche pas à s’exclure du monde mais à vivre en créant par l’acte pictural sa propre résonance, au rythme du trait ici comme d’autres utiliseront les formes simples ou les couleurs élémentaires. Nous y verrons certes la recherche d’une certaine économie de moyen mais nous y verrons surtout la conjugaison de l’apparence et de l’apparition d’une « image-acte », la conjugaison d’une nécessité à la fois intérieure et extérieure, ce qui pourrait apparaître simplement comme un processus parmi d’autres permettant la construction d’une plénitude. Ne cherchons donc pas ailleurs l’essentiel qui se profilera sous nos yeux comme le témoignage murmuré d’une conscience d’être où il s’agit moins de cueillir son bonheur ailleurs que de se recueillir et de se retrouver soi-même. Travailler le trait, pour tous ces artistes, avec leur singularité et leur personnalité respective, c’est peut-être travailler dans son « entre », accepter une respiration et en restituer les battements à la cadence du silence, sans concession ni intrusion. Le trait apparaîtra alors comme un toit pour certain, une mesure qui permet d’enclore l’onde infinie de l’existence. Le trait, comme une architecture de l’âme… »

Alain-Jacques Lévrier-Mussat

N A Y A R T – L A M I N O T E R I E  22 Chemin de la Minoterie · 64800 NAY · Tél. : 05 59 13 91 42
Ouvert du jeudi au dimanche de 15h à 19h.  www.facebook.com/nayart.nayart .
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