Exposition « Chantiers/STRATUM » Anaïs Lelièvre | Espace o25rjj Loupian

Chantiers/STRATUM Anaïs Lelièvre

Du 28 juin au 22 septembre 2019 – Vernissage jeudi 27 juin à 18h30

www.o25rjj.fr

STRATUM Anaïs Lelièvre– PARCOURS CHANTIERS

« La finesse du plan et la matière qui émerge ou regimbe, l’érection de bâtisses et le constat de la brisure, l’ajout et la perte, l’élévation et l’excavation, la puissance et le manque. Des chantiers de construction qui génèrent démolition et déchets, à la lisière de la ruine ; des chantiers de fouilles archéologiques qui construisent par recomposition syntaxique de fragments. Le dessin comme procès, entre projet et reste. Si la ruine trouverait analogie dans un texte lacunaire (M. Makarius), bâtir – sans y parvenir – la forme d’une écriture du chantier. »
Anaïs Lelièvre

« De Port-de-Bouc à Loupian en passant par Cahors, Anaïs Lelièvre décline, par jeu d’éclatements et de rassemblements propres à son nomadisme, les différentes étapes de son chantier. Ce dernier est à comprendre dans la définition qu’en donne « la Poétique du chantier » de la revue Ligeia, soit un espace-temps de travail ouvert à tous les possibles, « un théâtre de création ». Architectural, historique, spatial ou psychique, il fait se rencontrer des réalités diverses d’une archéologie à la fois antique et contemporaine au cœur d’un parcours interrégional. Anaïs y concrétise plusieurs années de recherche sur le dessin autour de la question de la composition et du délitement, de la forme et de l’informe, de l’ambivalence entre devenir et ruine, projet et aboutissement. Réflexions et productions s’agencent par strates successives auxquelles fait écho le format d’expositions choisi. Eloignés mais imbriqués les uns aux autres, ces lieux sont les réceptacles de pièces qui apparaissent, se complètent, stagnent ou disparaissent dans des installations intrinsèquement liées à un processus de construction. Ils sont la projection à la fois physique et mentale de la mécanique créatrice de l’Artiste : un seul et même chantier de pensée et d’ouvrage. »
Laure Lamarre-Flores (directrice du Centre d’arts Fernand Léger, Port-de-Bouc) – Introduction, catalogue Anaïs Lelièvre, Chantiers (prémices), Semaine 20.19, Analogues/Presses du réel, 2019. 

« Le rapport qu’Anaïs Lelièvre entretient à la marche et l’intérêt qu’elle s’est découverte pour les pierres lors d’une résidence en Islande participent à situer sa démarche à l’aune d’une réflexion duelle : la place de notre corps dans l’espace et la prise de conscience des changements d’état de la nature. […] Dans son rapport aux lieux où elle est amenée à intervenir, l’art d’Anaïs Lelièvre relève d’une observation affinée des données contextuelles avec lesquelles elle doit composer. Requis par la nécessité qui est en elle d’y faire écho, il lui faut s’en imprégner, les vivre du dedans, en faire l’expérience, pour inventer chaque fois une forme qui participera à les évoquer. Dans ce processus, la prise en charge qu’elle peut y faire d’un élément matriciel qui condense en lui la totalité mémorielle du site où elle opère est déterminante. Ici, telle pierre ; là, telle graine ; là encore, tel coquillage. La nature, chez elle, n’est pas le sujet de l’œuvre mais le vecteur par lequel elle cherche à faire transiter le vivant. Le travail d’Anaïs Lelièvre repose sur des processus de déplacements et une réflexion sur la morphogenèse. […] Que le concept de chantier la préoccupe nouvellement n’est sans doute pas innocent du sens profond que porte ce mot. Il est le lieu rassemblé d’une déposition et d’une édification, celui d’une industrie, d’une fabrique, un « atelier extérieur » comme on en parlait au XVIIIe. Anaïs Lelièvre est familière de ce type d’espace pour ce qu’il est en transit, dans le flux d’une énergie vitale. »  
Philippe Piguet – extrait du catalogue Anaïs Lelièvre, Chantiers (prémices), Semaine 20.19, Analogues/Presses du réel, 2019. 

– 3ème VOLET : CHANTIER/STRATUM (Loupian)

Prolongeant l’installation Stratum, produite à partir du dessin d’une pierre de schiste argileux arrachée d’un mur en bordure de Sion (résidence en Suisse, 2018), de nouvelles productions seront présentées à l’endroit des manques dessinés sur les parterres de mosaïques gallo-romaines (principalement composées de schiste). A partir de rebuts de chantiers de construction et évoquant le processus de recomposition archéologique, des volumes seront bâtis, à la lisière de l’effondrement, entre construction linéaire et décomposition en strates. Du mur en façade de la F.L.A.C., un volume émergera telle une autre excavation souterrainement reliée aux autres manifestations.

Chez Pascale Ciapp & Thomas Andro  25 Rue Jean Jaurès – Loupian (34) C’est ici