Exposition « Pourquoi marcher quand on peut danser » Cécile Bouffard

Cécile Bouffard

Du 13 sep­tem­bre au 2 novem­bre 2019 – Vernissage jeudi 12 sep­tem­bre à 18h

www.lescapucins.org

"Pourquoi marcher quand on peut danser" Cécile BouffardPourquoi mar­cher quand on peut danser. Pourquoi s’en tenir à la seule fonc­tion­na­lité des objets et des gestes ? Comment dépas­ser l’oppo­si­tion entre l’utile et l’inu­tile ? L’art peut-il se fondre, se confon­dre avec la vie ?

Le contact avec les œuvres que Cécile Bouffard a réa­li­sées pour le Centre d’art contem­po­rain Les Capucins nous invite à renouer avec un effort d’atten­tion.

Il nous faut pren­dre le temps de les consi­dé­rer et de per­ce­voir les inten­tions et les affects qui les tra­ver­sent. Chaque ligne, chaque volume, est comme une pensée qu’il y aurait à enten­dre, et à laquelle des­ti­ner notre écoute.

Face à ces formes, peut-être sommes-nous gagnés par le trou­ble ou la confu­sion. Le regard qui dérive, s’attarde sur une courbe sug­gé­rant une anse ou une poi­gnée, un poten­tiel usage ; et puis tel fil raconte la corde d’une gui­tare, et ce mor­ceau de tissu rem­bourré nous enve­loppe dans l’idée d’un confort élégant et douillet.

Mais le bois enduit, poncé et peint semble être froid et dur comme du métal, le vrai dur semble mou, les lam­beaux de latex ne savent pas nous dire s’il s’agit là d’une matière plas­ti­que ou orga­ni­que.

Les tein­tes des pein­tu­res, tex­ti­les et autres maté­riaux ren­voient au fard, au cuir, à la chair, à l’os, un nuan­cier camé de l’épiderme. Pourtant, tout reste en sus­pens car les indi­ces que les formes don­nent sont sans cesse remis en jeu, déjoués.

La méta­mor­phose est per­ma­nente, et la forme peut à tout moment bas­cu­ler de l’autre côté du fami­lier, dans l’étrange et le bizarre, la gêne ou l’inconfort.

En se main­te­nant à la lisière entre dif­fé­rents états, ces sculp­tu­res se tien­nent là comme le champ des pos­si­bles. Cette indé­ci­sion est vitale : c’est le signe d’une entrée en résis­tance, d’un refus de se lais­ser défi­nir, enfer­mer dans une case.

Il y a des œuvres qui invi­tent à se nouer, et ima­gi­ner des maniè­res d’être à plu­sieurs. Ainsi de ce triple-fau­teuil, varia­tion sur le motif du confi­dent ou de la conver­sa­tion, ou de ce groupe de dia­pa­sons qui semble s’accor­der comme le ferait un chœur.

Il y a des formes douces et orga­ni­ques qui accueillent et font se ren­contrer les points extrê­mes de la Terre, qui les font avan­cer ensem­ble, comme « l’ins­tinct aveu­gle, mais conver­gent et har­mo­ni­que d’un essaim d’abeilles » (Proudhon, Propriété,1840)Il y a des figu­res vire­vol­tan­tes, des sortes d’insec­tes ou de para­si­tes,

il y a des figu­res musi­ca­les, des formes lumi­neu­ses comme des lam­pions – et puis il y en a d’autres plus molles et plus lour­des aussi, moins enthou­sias­tes, qui se lais­sent entraî­ner dans la ronde, ou sim­ple­ment bercer par cette fête, happer par l’appel d’air.

Mais quelle est cette folie qui semble avoir gagné le groupe ? Ça vacille, et la ronde res­sem­ble sou­dain à une danse de Saint Guy, les matiè­res capi­ton­nées devien­nent l’indice de la cel­lule mate­las­sée d’un hôpi­tal psy­chia­tri­que, et la scène semble tout droit sortie de la Nef des fous.

Juste à côté, la faran­dole se fige dans une bulle de savon, un temps sus­pendu. Un groupe de femmes s’échappe de cette fré­né­sie, cha­cune porte une sculp­ture qui semble la pro­lon­ger, à l’instar d’un attri­but. Elles appa­rais­sent comme les muses d’une mytho­lo­gie per­son­nelle.

Elles s’érigent en monde et disent : « Si je m’appro­prie le monde, que ce soit pour m’en dépos­sé­der aus­si­tôt, que ce soit pour créer des rap­ports nou­veaux entre moi et le monde. » (Wittig, Les Guérillères, 1969). Elles nous font sentir que tout pour­rait être dif­fé­rent. Elles nous font devi­ner la brèche, et les vir­tua­li­tés à même les choses, à même nos vies.

Karin Schlageter

Centre d’art contemporain Les Capucins, Espace Delaroche, 05200 Embrun. Tél. : 04.92.44.30.87

.

Le site est mis à jour chaque fin de semaine pour les événements ou expositions qui ont lieu la semaine suivante, donc ne seront publiées que les informations arrivées le vendredi avant la date de l’exposition. Il est donc nécessaire d’envoyer les informations par mail pour qu’un article soit publié.

Pour une parution, il est fortement conseillé de joindre un texte de présentation de l'exposition, la démarche de l'artiste et des visuels.

Vous pouvez laisser vos coordonnées via le formulaire ci-dessous pour annoncer un événement. Merci de votre compréhension !

Le fait de m’envoyer par mail l’annonce d’une exposition n’implique pas qu’elle sera publiée.