Exposition Otobong Nkanga, Julie Béna, Camille Lapouge – Nice

Exposition Otobong Nkanga, Julie Béna, Camille Lapouge - Nice

Otobong Nkanga, Julie Béna, Camille Lapouge 

Du 12 juin au 19 septembre 2021 – Journées d’ouverture : samedi 12 et dimanche 13 juin 2021 de 10h à 18h

When Looking Across the Sea, Do You Dream?
Otobong Nkanga

Otobong Nkanga offre à voir des images qui révèlent une forte puissance d’évocation. Une grande diversité de supports et de matériaux donne forme à des œuvres inspirées de la terre, de ses ressources surexploitées et des histoires qui en découlent. Son art se situe au croisement des constructions du temps et des civilisations pour aller au-delà de nos horizons, vers d’autres climats, d’autres économies. Cette première exposition monographique d’ampleur en France se déploie comme un parcours faussement déstructuré qui privilégie les correspondances esthétiques et permet d’appréhender les méandres de son univers.


Ce qui frappe quand on découvre l’œuvre d’Otobong Nkanga (née en 1974 au Nigeria et vivant aujourd’hui à Anvers en Belgique) ce sont ses images qui, sous leur aspect lisse, font preuve d’une forte puissance d’évocation avec des représentations de corps déstructurés, aux membres disjoints néanmoins reliés entre eux par des cordes, des racines ou des branches. Petit à petit, on découvre que ces liens ne sont pas uniquement des images plaquées, c’est aussi un véritable réseau de formes qui se font sans cesse écho au travers d’une grande diversité de supports : dessins, installations, peintures, textiles, photographies, sculptures, performances et même poésie. Tout semble évolutif et connecté, en totale interdépendance, comme des chaînes d’association que l’artiste construit petit à petit.. Lire la suite…

Miles
Julie Béna

Unité de mesure marine et aéronautique, le mile est un espace spatio-temporel qui marque un écart, un déplacement, un voyage…
Miles est une exposition de Julie Béna (née en 1982, travaille entre Paris et Prague) qui réunit une trilogie de films Lettres de Prague, et un nouveau groupe de sculptures, Les Aspirants, en une installation unique pour la galerie carrée. Des sculptures métalliques noires surgissent comme de dessins vectoriels à la perspective cavalière « vrillée ». Silhouettes de chevaux, de carriole, d’arbre mort, motifs récurrents des westerns, composent un paysage figé, comme si l’on arrivait après la chute d’une histoire. Les trois films composent un récit autour « Du corps et de sa possession. De la récupération constante des corps par d’autres » nous dit Julie Béna.

 

Le travail de Julie Béna se tient aux limites des genres, des styles et des langages. Inclassable, il opère des tangentes entre les catégories artistiques et esthétiques. Du théâtre vers la théâtralité, de la performance vers le film, de l’objet scénique vers la sculpture, de la ritournelle vers le cri, de la tragédie vers la comédie, Julie Béna utilise des stratagèmes et subterfuges avec un humour incisif. Diplômée en 2007, elle revient à la Villa Arson à l’invitation de Marie de Brugerolle avec Miles, une exposition monographique pensée pour la galerie carrée. L’oxymore en est la structure. Jouant sur l’ambivalence et l’auto-contradiction, elle remet en jeu les schémas établis. Le contre-point, la vrille, le rapprochement des contraires sont les outils d’un ensemble opératique : “opéra light”, œuvre ouverte et efficace.

D’emblée, nous sommes dans une autre dimension, comme si la surface d’un papier millimétré avait été froissée. Des chevaux, un arbre mort, une carriole, de faux rochers et des fleurs-flammes apparaissent en silhouettes grandeur nature dans l’espace d’exposition. Les Aspirants composent un nouveau groupe de sculptures en acier, produites à Prague. Leurs découpes affûtées noires s’opposent à la trame régulière du plafond de la galerie. Les douze pièces construisent une constellation. Leurs contours projettent des ombres diffractées au sol. La base des fleurs-flammes sont des flaques. C’est une prise de position contre la grille moderniste orthonormée de la galerie carrée et à l’espace white cube  au formalisme univoque. Comme échappées ou “extrudées” d’un western de série B vu à la télé ou de la série Westworld, elles sont les carcasses ou squelettes d’un monde en déclin : celui de l’Ouest conquérant qui repousse et impose des frontières. Lire la suite…

More shoes more boots more garlic
Camille Lapouge

L’exposition de Camille Lapouge réunit deux œuvres, Honolulu Boreale et Sidi Ferruch, issues d’un cycle intitulé more shoes more boots more garlic.
Elle s’insère au travers de celui-ci dans des territoires et les systèmes économiques qui les transforment. Le titre de l’exposition est une citation dont l’artiste a fait un leitmotiv durant la réalisation de ses projets. Elle est extraite du film documentaire de Les Blank « Werner Herzog Eats His Shoe » (1980) et évoque la création de gestes radicaux par Werner Herzog.

Sidi Ferruch, réalisée en 2019, concerne le transport d’une petite portion de la mer Méditerranée à la frontière franco-italienne. Honolulu Boreale, terminée en 2020, repose sur la capacité du commerce à transformer et à déplacer des territoires à grande échelle. Elle clôt une boucle de 2000 ans formée par des courants océaniques entre le Groenland et Hawaï, mise en avant par le storytelling d’une marque d’eau de luxe.

Camille Lapouge présente les traces photographiques et vidéos de ces gestes, accompagnées d’archives puisées dans l’histoire du territoire dans lequel elle intervient.
A l’occasion de cette exposition, elle présente également avec Sidi Ferruch sa dernière pièce, Le sabre et le chrysanthème, une sculpture construite d’après l’histoire du commerce de meubles exotiques.

Villa Arson, 20 av. Stephen Liégeard 06105 Nice Tél. +33(0)4 92 07 73 73