Exposition « OH CET ECHO » Perspectives surréalistes | Villa Beatrix Enea – Anglet

« OH CET ECHO » Perspectives surréalistes

Du 10 mars au 9 Juin 2018

https://www.anglet-tourisme.com

Richard Fauguet, Sans Titre, 2002 (extrait d’un ensemble de 10 collages). Décalcomanie, papier journal, papier, 29,7 x 21 cm. Collection FRACArtothèque Limousin Nouvelle‐Aquitaine © R. FauguetLa Villa Beatrix Enea propose une mise en perspective d’œuvres surréalistes issues des collections de la Ville d’Anglet et du FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine.

À cette occasion, la Ville d’Anglet inaugure sa première artothèque éphémère avec un parcours hors les murs chez les commerçants des quartiers des Cinq-Cantons et de La Chapelle, en partenariat avec le FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine et avec la participation des Arts au mur artothèque, Pessac.

Invité par la Ville d’Anglet à porter un regard sur sa collection, le FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine s’est intéressé à ses gravures et peintures surréalistes : beaux spécimens historiques d’Hans Bellmer, Lucien Coutaud, Salvador Dali et Max Ernst, œuvres surprenantes de Manolo Valdes et Charles Carrère, ainsi que celle exceptionnelle de Georges Rousse.

À partir de ce noyau d’œuvres, le FRAC-Artothèque a choisi, parmi ses collections, dessins, collages, peintures, sculptures et photographies faisant écho au surréalisme dans la production artistique contemporaine.

Manolo Valdes, Retrato de una dama, 1991, collage sur papier, 167 cm x 95,5 cm. Collection municipale Ville d’AngletLa présentation des collections se prolonge hors les murs chez une vingtaine de commerçants des quartiers des Cinq-Cantons et de La Chapelle, avec la participation des Arts au mur artothèque, Pessac.

Extraits du texte de Yannick Miloux, janvier 2018

Un ensemble de gravures et de peintures surréalistes, puisé dans la collection municipale de la ville d’Anglet, est le point de départ de cette exposition. On y trouve de beaux spécimens historiques d’Hans Bellmer, Lucien Coutaud, Salvador Dali et Max Ernst, des oeuvres surprenantes de Charles Carrère et de Manolo Valdes, ainsi qu’une oeuvre exceptionnelle de Georges Rousse (1). Ce noyau d’oeuvres a guidé le choix de dessins, collages, peintures et sculptures dans les collections du FRAC Artothèque Limousin.

Le titre de l’exposition « OH CET ECHO » est un palindrome, donc un mot qu’on peut lire dans les deux sens, créé par l’artiste suisse André Thomkins (1930‐1985), qui met en avant les va‐et‐vient proposés par cette exposition, entre passé, présent et futur, histoire et perspectives.

Marcel Duchamp, avec 12 dessins d’André Raffray, 1993‐2001, 1 des 12 reproductions photomécaniques retouchées à l’huile, 183 cm x 147 cm. Collection FRAC‐Artothèque Limousin Nouvelle‐AquitaineLes échos surréalistes dans la production artistique contemporaine sont très nombreux et variés, autant du point de vue des inventions plastiques que de celui des citations plus ou moins explicites. Il faut d’ailleurs inscrire l’héritage surréaliste dans une histoire plus longue, qui remonte au moins au dadaïsme du début du XXe siècle, voire plus avant, et qui se prolonge aux États‐Unis après l’exil de nombreux artistes européens outre‐Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale. La fameuse exposition organisée par William Rubin au MoMA de New York en 1968, « Dada, Surrealism and Their Heritage », fut un jalon décisif et explora les influences dadaïstes et surréalistes jusque dans les années 60 chez les peintres expressionnistes abstraits, et jusqu’aux débuts du Pop art (2). Depuis cette époque, de nombreuses recherches et expositions ont contribué à montrer que les mises en perspective du surréalisme sont toujours discutées, vivaces et passionnantes (3).

L’exposition « OH CET ECHO » réunit des oeuvres de techniques différentes : des rayogrammes (ou photographies sans caméra) (4), des
photographies de mises en scène de personnages, d’animaux et d’objets, des photographies repeintes, des tableaux en forme de « collages peints » (5), des photomontages en trois Philippe Mayaux, Camelote Monsters, 2001, résine peinte et fibres naturelles, 260 x 180 x 150 cm. Collection FRAC‐Artothèque Limousin Nouvelle‐ Aquitaine. Frédérique Avril ©Adagp, Parisdimensions, des jeux de mots et des trompe‐l’oeil… qui explorent les principaux thèmes surréalistes : le rêve (ou le cauchemar), l’inconscient, le hasard, l’absurde et l’humour, sans oublier la mélancolie et la perplexité.

Un épisode de la vie illustrée de Marcel Duchamp

Dans le hall d’accueil, une oeuvre de Gabriele di Matteo est présentée. Il s’agit d’une reproduction photographique tirée sur toile et montée sur
châssis, comme un tableau, dont certains détails ont été rehaussés à l’huile. On y reconnait « le générateur‐arbitre Marcel Duchamp installant, en compagnie de Max Ernst, Salvador Dali et Man Ray, l’Exposition Internationale du Surréalisme » en 1938. Cet épisode de la vie illustrée de Duchamp fut d’abord mis en image par André Raffray en 1977 à l’occasion de l’ouverture du Centre Pompidou et édité sous la forme d’un petit livre pour enfants ; agrandi et peint à l’huile par Gabriele di Matteo en 1993, avant d’être retiré sous forme de photographie sur toile, au même format, en 2001, d’après la nouvelle édition anglaise. Cette oeuvre est le résultat d’une réaction en chaîne aussi bien sur le plan technique que sur le plan spirituel et esthétique, la vie (illustrée) de (saint) Marcel Duchamp continuant à faire débat et à inspirer de nouveaux gestes artistiques. Placée dans le hall d’accueil, cette oeuvre introduit l’exposition et permet de voir de façon décentrée la peinture murale de Georges Rousse « Max Ernst, Sans titre HC XII : XV, 1968, gravure. Collection municipale Ville d’AngletRÊVE » dans la montée d’escalier.

Une sculpture en deux parties de Stephen Marsden est présentée dans les  deux vitrines éclairées du hall. Les deux volumes identiques dans la forme ont été taillés dans deux matériaux diamétralement opposés : un granite de Norvège et un bloc de polystyrène. Cette double version agrandie d’un poing américain suggère une vision dédoublée, aussi pesante que légère, vis‐à‐vis de la violence suggérée.

Le Pays des fleurs flambantes

Une photographie en noir et blanc, repeinte et légendée par Martine Aballéa, nous invite dans une contrée inconnue : « Le Pays des fleurs
flambantes ».
Dans cette première salle, une sélection d’oeuvres qui travaillent avec le langage est présentée.
Deux sculptures occupent le centre de la salle. Une grande « caisse d’emballage de sculpture » du fameux artiste pop américain Richard
Artschwager joue sur l’ambiguïté entre emballage et contenu. Cette oeuvre fait partie d’un ensemble où le sculpteur reprend un principe déjà à
l’oeuvre dans un tableau de Magritte, « Le balcon de Manet » (1950). Une élégante sculpture de Didier Marcel rend hommage à Marcel Duchamp avec des moyens à la fois modestes et pourtant très efficaces. Ici, à hauteur d’oeil, sur un socle en inox et mélaminé, trois rondelles de citron
remplacent l’iconique broyeuse de chocolat de Duchamp, élément moteur et fondateur d’un de ses chefs d’oeuvres, le fameux Grand Verre. Pour Didier Marcel, l’odeur n’est plus celle du chocolat, mais le parfum du citron frais, ce qui oblige d’ailleurs à renouveler l’oeuvre régulièrement.

Plus loin, la « Pagina » de Di Matteo agrandit au format d’un tableau la page d’une biographie consacrée à Magritte. La mise en page montre des
photos et des reproductions de tableaux en noir et blanc où Magritte, toujours coiffé de son chapeau melon, demeure mystérieux. Les légendes
en langue japonaise contribuent sans doute à épaissir le mythe.

Les dessins de livres d’Allen Ruppersberg mettent en valeur la littérature, aussi bien policière que pratique. C’est également le roman noir, dont Magritte était grand amateur, qui se cache derrière les petits tableaux de langage d’Ed Ruscha. Il faut lire le texte dans la marge, sur le cartel, pour prendre conscience que des mots sont contenus dans la peinture, derrière les rectangles horizontaux qui apparaissent sur la surface peinte. Le grand tableau à l’huile de Carmelo Zagari est un autoportrait où l’artiste, entouré d’un phylactère, explore ses cauchemars et met en scène son monde intérieur prolifique et tourmenté. À proximité, une photographie monumentale rehaussée d’Annette Messager évoque également la divination et la voyance.

Perspectives surréalistes dans les collections du FRAC‐Artothèque Limousin Nouvelle‐Aquitaine et de la ville d’Anglet
Texte de Yannick Miloux, directeur artistique du FRAC‐Artothèque Limousin Nouvelle‐Aquitaine

AUTOUR DE L’EXPOSITION

> Samedi 10 mars

11 h et 15 h, visite de l’exposition avec Yannick Miloux, directeur artistique du FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine. Entrée libre, sans réservation.

> Samedi 24 mars

11 h, rencontre « Le surréalisme frappe-t-il encore ? » par Élisabeth Couturier, journaliste et critique d’art.

15 h 30, visite de l’exposition. Entrée libre, sans réservation.

> Du 9 au 13 avril, stage « surréaliste » pour les 7/10 ans. En partenariat avec l’Ecole supérieure d’art du Pays basque. Inscription : 05 59 59 48 41 ou contact@esa-paysbasque.fr

> Samedi 28 avril

15 h 30, visite de l’exposition avec Élisabeth Couturier. Entrée libre, sans réservation.

 

Villa Beatrix Enea, Centre d’art contemporain, 2, rue Albert-le-Barillier, 64600 Anglet Tél. 05 59 58 35 60

Entrée libre du mardi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 18h Visites commentées tous les samedis à 11h, 15h et 16h30

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