Exposition « Nature(s) » Monique Deyres – Dominique et Jean-Paul Ruiz | Cahors

Nature(s) Monique Deyres – Dominique et Jean-Paul Ruiz

Diagonale des arts

Du 5 au 28 juillet 2019 – Vernissage Vendredi 5 juillet à 18h30

Monique Deyres

Nature(s) Monique DeyresOn arpente le grand jardin, yeux et narines grands ouverts et nos oreilles attentives se délectent d’un savoir et d’une connivence impressionnants avec le végétal.

Comme une musique du naturel perçue dans ses rythmes, ses couleurs, ses parfums et odeurs, et déjà, dans les mots, les regards et les gestes qui le décrivent, comme une exaltation à ce qui se prépare dans l’autre temps du jardin, celui plus secret du laboratoire, celui des métamorphoses.

La Dame ne se contente pas de cultiver, de veiller, d’être là avec les saisons et leurs mouvements, leurs possibilités, leurs surprises… Elle cueille, elle prélève, elle taille, elle ramasse, elle goûte.

Et dès lors qu’elle transporte ses précieuses récoltes, elle inaugure sa propre saison et ses cycles de l’expérimentation. Ecrasements, macérations, décoctions séchages, liquéfactions, frottages… Les fleurs, les pétales, les écorces ou les herbes sont en pleine mutation.

Il y a une odeur de la terre dans l’atelier et sur les papiers colorés au jus de fleurs on se prend à pencher le nez et renifler la couleur de la nature.

La multiplication des recherches est flagrante, les accumulations d’expériences toujours à portée de sa main et des outils qu’elle utilise. Toutefois pas de désordre, étonnamment, car déjà se profile dans son esprit bâtisseur le prochain jardin ou l’idée de sa projection, de ses formes transfigurées, méconnaissables mais étrangement familières.

Et lorsque qu’elles sont devenues sculptures, peintures, photographies ou écrans et qu’elles rencontrent les lieux de leur monstration, on sent toute l’obstination et la fragilité de la Dame comme celles de la nature.

On renifle autant l’immuable que la disparition.

Monique Deyres est La Dame.

Une dame blanche peut-être en ses jardins multiples…

Brigit Meunier Bosch

Dominique et Jean-Paul Ruiz

Dominique et Jean-Paul Ruiz« Consumé par la lumière »

« …Face aux estampes de Dom et Jean Paul Ruiz j’ai ressentis une sorte de fascination assez proche du phénomène de persistance rétinienne, en même temps qu’une réelle difficulté à décrypter ces nouvelles images qu’ils me présentaient….

Ici, la technique employée est celle de la linogravure tirage sur papier. Cependant, la linogravure est ici utilisée comme l’ultime étape d’un processus qui en comporte plusieurs et qui, s’additionnant, donne toute leur épaisseur à leurs images….

Pour commencer, ils choisissent une photographie de paysage parmi celles qu’ils ont prises autour d’eux….

…Cette photographie est minutieusement transcrite sous forme d’un dessin à la mine de plomb où toutes les taches lumineuses sont traitées en gris, un peu comme un négatif simplifié.

Ce dessin sert ensuite de matrice pour graver la plaque de linoléum avec précision, les zones blanches (de couleurs) étant remplacées par autant de creux dans la plaque.

Enfin, avant le tirage sur papier, les futures épreuves sont colorées avec différentes encres avant que l’encre noire ne vienne parachever l’opération. Cette série de traductions successives de l’image photographique vers le dessin puis la gravure n’est pas seulement là pour complexifier le processus.

En plus de donner une épaisseur et une densité nouvelles à ces anciens « clichés » que l’on pensait épuisés, elle donne également au spectateur de réelles motivations pour scruter les multiples détails colorés derrière ce maillage noir qui, au premier plan, semble obturer la vision.

Comme si, au-delà ou en deçà des apparences – ici, une trame saturée de noirs profonds – il fallait prendre du temps pour scruter et déceler le monde, plein de détails lumineux et colorés, qui nous entoure.

Extrait texte de Yannick Miloux, directeur FRAC Limousin

Grenier du Chapitre, Rue Saint-James – 46000 Cahors
Ouvert du mercredi au samedi de 11h à  18h Dimanches et jours fériés de 14h à 18h