Exposition “matière sensible ” Michel Rey & Annie Lacour – Arles

matière sensible Michel Rey & Annie Lacour ©Michel Rey - Plan de campagne_01

matière sensible Michel Rey & Annie Lacour

www.lecorridor-artcontemporain.com

Du 1er juillet au 6 septembre 2020

Annie Lacour, sculpteure,

Michel Rey, photographe

matière sensible Michel Rey & Annie Lacour  ©Michel Rey - Plan de campagne_01La revanche de l’objet

Pichets ou brocs, coupes ou compotiers, bouteilles et autres pots… Manifestement, Annie Lacour ne fait rien comme tout le monde. Après avoir visité la basse-cour et ses poules, elle s’attaque à l’univers domestique et à ses ustensiles. Choix surprenant, car, on le sait, c’est la peinture qui a pris en charge la nature morte et ses objets plus ou moins anodins. Selon l’historien de l’art américain Meyer Schapiro « La nature morte est composée d’objets artificiels ou naturels que l’homme s’approprie pour son usage ou son plaisir ; plus petits que nous et à portée de notre main, ces objets doivent leur existence et leur emplacement à la volonté et à l’intervention de l’homme. Faits et utilisés par lui, ils nous communiquent le sentiment qu’a l’homme de son pouvoir sur les choses ».

matière sensible Michel Rey & Annie LacourRiche en symboles et bavarde dans l’art hollandais du XVIIe siècle, elle devient avec Cézanne et les cubistes un champ d’expérimentation permettant de jouer sur des associations inédites entre les formes, lesquelles obéissent dès lors à une logique plus plastique que discursive.

La sculpture, elle, fascinée par la figure humaine, héroïque et idéalisée, a superbement ignoré, voire méprisé la nature morte, depuis toujours située en bas de la hiérarchie des genres. Cependant, le XXe siècle, qui s’ouvre sur les ready-made, accorde une place prépondérante à ces composants inanimés de la réalité, fabriqués ou naturels. En inondant le domaine artistique, l’objet prend sa revanche et se fait assemblage ou installation. Puis, à l’ère glorieuse de la consommation, il tente de se transformer en un sujet autonome.

matière sensible Michel Rey & Annie Lacour  ©Annie Lacour - Trois bonbonnesToutefois, les objets de Lacour ne partagent pas le désir de nombreux artistes d’abolir les frontières entre l’art et la vie, d’introduire la banalité au cœur de la création. Chez elle le réel n’est pas mis à l’épreuve à l’aide d’une description minutieuse ou exhaustive, mais se voit réduit à l’essentiel. Les structures analogues, simples en apparence, sont à rebours de toute virtuosité ou de la démonstration d’un savoir-faire.

Texte « Sculptures d’Annie Lacour » d’Itzhak Goldberg, juin 2019.

Vie silencieuse

Face à ces « choses », le regard qui tâtonne, hésite. De fait, ces formes incertaines ou même méconnaissables, permettent souvent une double lecture. L’une, largement ouverte, se développe à partir d’un noyau central ; est-elle ©Annie Lacour - Petite composition de 5 éléments une coupe de fruits ou une fleur qui s’épanouit ? L’autre, plus élancée, avec un bec fin, est-elle un pichet ou un oiseau qui s’est posé momentanément ? Ailleurs encore, un pot qui s’élargit vers le bas fait songer à un personnage portant un tablier. Toutes ces œuvres, réalisées en fer, ont en commun un « épiderme » frotté, un peu accidenté, qui semble réfracter et faire vibrer le moindre rayon d’une lumière frémissante.

Cependant, le plus souvent, ces travaux regroupent plusieurs éléments qui se juxtaposent, se touchent, se lient, s’enchevêtrent pratiquement. Des natures mortes ? Sans doute, mais aussi des paysages urbains aux grattes ciels étranges, un peu branlants, qui se penchent les uns vers les autres. Des natures vivantes également car ces formes, alignées sur un socle, sont à l’image d’un portrait de groupe. Plus précisément, on pense à ce genre de peinture nommé conversation pièce, moins rigide que le portrait de groupe, car les personnages y entretiennent entre eux des rapports de conversation ou communiquent par des gestes.

Architecture, objets, êtres humains ? Le spectateur laissera divaguer son imagination sans oublier que dans la plupart des langues (anglais, allemand, néerlandais, …) on préfère les termes de vie tranquille ou de silencieuse à celui de nature morte.

Texte « La cuisine sculpturale » d’Itzhak Goldberg, juin 2019

Le Corridor, Annick et Michel Rey, 3 rue de la Roquette 13200 Arles Tél : 04 90 43 63 62 / 06 81 17 94 89

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