Exposition « La mémoire et les rêves » Marie Goussé | Galerie Joseph Antonin – Arles

La mémoire et les rêves Marie Goussé

Du 26 janvier au  23 février 2019 – Vernissage samedi 26 janvier 11h Chapelle Sainte Anne, Arles

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La mémoire et les rêves Marie GousséMarie Goussé part de fragments ou de prélèvements pour les prolonger à sa manière et leur donner une nouvelle vie. Ses thèmes de prédilection sont les rapports entre paysages, humanité et identité et leurs liens de régénérescences réciproques. Elle porte un regard poétique sur les capacités de l´humain à survivre à son histoire, à s´adapter, à guérir et à se transformer et comment la vie se relève de ses blessures et continue. Elle joue des qualités dites féminines : douceur, souplesse, réparation et transformation. L´utilisation récurrente de textiles évoque les mues, les enveloppes, les pansements. Voiles, ailes, plumes et déambulatoires, cheminements, labyrinthes jalonnent son parcours artistique.

UN JEU CANDIDE ET CRUEL,
La mémoire et les rêves Marie GousséSAVANT ET SOUPLE…

Depuis plus de vingt ans, le travail de Marie Goussé explore la relation des figures magiques, éphémères, à l’espace et l’environnement, développant une sensibilité particulière pour l’évocation du corps et de sa féminité au travers de matériaux comme la voile, le linge, le tissu, la plume, la cire. La nature, au sens large (végétale, animale, sauvage) est une composante de cette approche plastique qui mêle maîtrise et logique souterraine, et nous achemine à la façon des « contes » dans la prairie claire et obscure de l’imaginaire.
Ses installations questionnent toujours de très près la frontière entre fiction et perception du réel, interrogeant la part de mystère, de séduction, d’audace des formes mises en scène selon les règles d’un rituel troublant et poétique, avec lLa mémoire et les rêves Marie Gousséesquelles s’instaure désormais un dialogue mutique, et pour autant brûlant.

La Robe de Pêcheuse avec sa cravate en chevelure féminine annonce d’emblée la nature du jeu : à la fois savant et souple, à la fois candide et cruel. Si la chevelure faite de cheveux réels joue à la façon d’un appât pour attirer les « célibataires » (M.Duchamp), la gaze transparente qui recouvre le corps fantomatique de la « mariée » est là pour nous rappeler combien la féminité est tout à la fois du domaine du leurre, du visible, du piège, de l’attrait.
Jouant sur le magnétisme de l’apparition, l’oeuvre mi- réelle, mi- évanescente, nous entraine dans un champ de spéculations sensibles et fortement haptiques, dans une partie de cache-cache où le désir est maître, où le manque serait roi…
« Pécheuse » n’est pas loin de « pêcheresse », « appât » de « pas » et de « papa » : la force et la douceur de l’oeuvre renvoient au poison d’un sortilège, au poids d’un envoûtement (éducation, culture, machisme).

Le fétichisme dans l’oeuvre de Marie Goussé et son pendant, l’exploration émotionnelle des sentiments, établissent un point de traverse entre répétition circulaire et transgression plus sauvage, entre processus de deuil et transfert, entre fixité silencieuse des apparences et libération salvatrice de l’inconscient par la parole ou le corps.

Clémentine Feuillet / Galerie Joseph Antonin,

Galerie Joseph Antonin, 40 rue Émile Barrère 13200 Arles Tél : 06 76 99 69 44
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