Exposition « Instable » Rachel Labastie | Le Parvis Tarbes

Instable  Rachel Labastie

Du 14 février au 13 avril 2019 – Vernissage Mercredi 13 février à 19h en présence de l’artiste

http://www.parvis.net

Rachel Labastie, Bâtons, 2017. Série de sculptures en céramique réalisées lors d’une résidence avec l’Association COOP (en collaboration transfrontalière avec El Centro Huarte) dans le village abandonné d’Egulbati en Navarre. Mémoire du village, ces morceaux de céramiques ont été réalisés lors dans la nuit du 6 au 7 octobre 2017. Photo : Nicolas Delprat. Courtesy de l’artiste.« Ceux qui pratiquent l’art deviennent des vagabonds, des nomades modernes qui ne trouveront jamais de foyer parmi les hommes sédentarisés. » (1)
Instable est le septième chapitre d’un répertoire d’oeuvres et d’expositions, « L’apparence des choses », que Rachel Labastie développe depuis plusieurs
années afin d’explorer la manière dont nous percevons le monde, par trop unique et absolue.
Son exposition au Parvis, dont plusieurs oeuvres sont spécifiquement produites pour l’occasion, interroge les notions de déplacement, de nomadisme et de pèlerinage, évoquant, au moyen de la sculpture le corps et son absence dont l’empreinte, ou la trace, est sujet d’une mobilité possible, réelle et métaphorique.
Sommes-nous tous des nomades immobiles ? Étrangers en nos territoires et partout ailleurs ? Quelles frontières brisons-Rachel Labastie, Retable (détail), 2018. Argile qui ne sèche pas, bois. Production Le Parvis centre d’art contemporain. Courtesy de l’artiste.nous ? Où se trouvent nos origines ?
Telles pourraient être les questions que pose l’artiste, ancrant dans la terre crue et cuite des gestes, des mouvements, des formes qui attestent de la violence liée au déracinement et à la précarité des existences nomades. Définir la notion de territoire n’est pas chose aisée.
Le terme n’est pas univoque et, d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre, il reçoit des acceptions très nuancées.
D’un point de vue étymologique, le territoire renvoie évidemment au latin « terra », « la terre », le matériau de prédilection de l’artiste. Mais, d’après le Corpus juris civilis, grand ouvrage de droit romain antique conçu à l’époque Justinienne (et qui constitue l’un des fondements du droit moderne), il évoque le Jus terrendi, soit le droit de terrifier ou de protéger sa terre par la menace. Or, rien n’entre plus en résonnance avec le travail de Rachel Labastie que la matérialité de la terre dont l’usage parfois brutal révèle une puissante tension qui nous fait voir plus loin que l’apparente séduction de ses oeuvres.
Le travail de Rachel Labastie a ceci d’ambivalent qu’il se situe toujours dans un espace transitoire où ses oeuvres ne sont pas tout à fait ce qu’elles semblent être et où leur indéniable pouvoir d’attraction entre en contradiction avec la violence avec laquelle elles ont été créées, ou avec les drames qu’elles dénoncent.
Rachel Labastie est en effet démiurge d’un monde poétique, essentiellement constitué de sculptures au feu, terres cuites, parfois crues, de grès, de marbre et de céramique, qui oscille toujours entre sensualité et contrainte, plaisir et enferment, séduction et cruauté.
Ses pièces, réalisées avec beaucoup de minutie et de temps, interrogent ainsi les notions de contrainte, d’enfermement et d’aliénation.
Virtuose et autodidacte, l’artiste pétrit sa terre à mains nues, à coups de poings et de pieds, elle « pratique un art de cuisson » (2) assumé et invente même un procédé grâce auquel le matériau ne sèche jamais.

Le Parvis centre d’art, Parvis CAC – centre Méridien route de Pau, 65420 Ibos Tél : 05.62.90.60.82
Ouverts du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14 à 18H.

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