Exposition “Il était une fois le territoire” Sabine Delcour, Géraud Soulhiol | Centre Photo Lectoure

“Il était une fois le territoire”  Sabine Delcour, Géraud Soulhiol

Du 18 novembre au 4 mars 2018

http://www.centre-photo-lectoure.fr

Série Huit Hectares Quarante Six, 2014 © Géraud Soulhiol - Courtesy galerie 22,48m2À travers l’usage de médiums et techniques variés – photographies argentiques à la chambre, dessins, grand mural en photomontage, objets, sculptures, images projetées – les deux artistes conviés pour l’exposition d’automne – hiver au Centre d’art et de photographie de Lectoure approchent la notion de territoire. Le territoire, espace géographique, réel, traversé, le territoire recomposé, objet de rêve et d’utopie, fenêtre sur l’intime.

La photographe Sabine Delcour accorde une grande importance au paysage, principalement sous une forme sauvage, résistante, que les images se situent dans des environnements urbains ou ruraux. Elle interroge par son travail photographique la notion de lieu et les rapports de l’homme avec son environnement.

Série Cheminements, 2005 - 2009 Tirage lambda, 117 x 96 cm © Sabine DelcourSabine Delcour pratique une photographie de terrain, physique, charnelle. En prise directe avec les éléments, à la manière des arpenteurs des temps anciens, il est question de marche, d’observation et de patience. Les projets débutent par une forme d’enquête. Elle se relie ainsi à la mémoire et à l’histoire des lieux en collectant des récits d’habitants qui vivent sur les territoires. L’approche ne reste cependant pas documentaire. Les récits, souvent en creux, invisibles, nourrissent son imaginaire et constituent le lien clandestin et secret entre elle et les paysages traversés.

Certaines récurrences formelles sont clairement affirmées dans son écriture photographique : la taille des images, la verticalité des formats – qui contrarie l’une des conventions les plus établies du paysage –, les 8ha46 #5, série 8ha46, 2014 Café soluble et vernis sur porcelaine © Géraud Soulhiol - Courtesy galerie 22,48m2marques laissées visibles du support technique – bords noirs, encoches et références au plan-film –. Les prises de vues sont réalisées à hauteur d’homme, permettant au regardeur de s’inscrire dans le paysage. Le travail à la chambre photographique grand format 4 x 5’’, posée au sol avec un trépied, donne une esthétique singulière à ses photographies. Cette esthétique est renforcée grâce à la bascule (ou tilt-shift), technique qui lui permet de définir une zone de netteté étroite et de renforcer le flou partout ailleurs, créant des effets de profondeur de champ. Les zones de flou focalisent le regard sur le chemin tout en accentuant la perspective. Cela génère une profondeur, différentes trajectoires suggérant un ailleurs, un au-delà du cadrage photographique comme pour suggérer que ces paysages sont habités par l’esprit des lieux.

Le Centre d’art et de photographie de Lectoure présente deux séries de Sabine Delcour : Cheminements (2005 – 2009), treize photographies de 117 x 96 cm, et Paysages fabriqués (2015), cinq boîtes à lumière. Se déployant à la verticale dans un format monumental, les photographies de la série Cheminements célèbrent, questionnement et manipulent les codes de la photographie de paysage. Réalisée dans le cadre de plusieurs séjours de résidences artistiques, la série réunit un ensemble de chemins, de sentiers tracés dans la nature, à l’écart des villes et issus de plusieurs régions en France. Absente du cadre des images, la présence humaine n’est perceptible que par la trace de son passage, l’empreinte laissée dans le paysage. Cette proposition ne relève ni d’une géographie territoriale, ni d’un itinéraire précis mais d’une topographie de l’ordre de l’intime.

Géraud Soulhiol développe une œuvre expansive, arborescente, aux directions multiples dans laquelle le dessin a une place prépondérante. Il recompose des territoires à partir d’éléments réels et crée des contre-mondes. Il étend son territoire de recherches, petit à petit, un peu la manière d’un explorateur.
Les explorateurs des temps anciens recomposaient les cartes à partir de leurs souvenirs. Géraud Soulhiol reconstitue des mondes, ré-agence des motifs et des images collectés. On peut parler d’une forme de banque de données, des images du monde comme des éléments de décor dans lesquels il puise pour récréer de nouveaux territoires fictionnels, mutants et anachroniques. L’art de jouer avec les échelles, l’utilisation des angles et points de vue, des différentes formes de perspective, des vues en plongée, de la symétrie participent de la puissance évocatrice de ses œuvres.

Centre d’art et photographie, Maison de Saint-Louis, 8 Cours Gambetta 32700 Lectoure – 05 62 68 83 72
Ouvert du mercredi au dimanche, de 14h à 18h — Entrée libre

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