Exposition «HORS-CHAMP» Alain Adler & Gaston Paris – The Rio

Exposition «HORS-CHAMP» Alain Adler & Gaston Paris © Gaston Paris / Roger-Viollet

Alain Adler & Gaston Paris 

Du 10 juillet au 29 novembre 2020 –  Vernissage Jeudi 9 juillet à 18h30,

Suivi de la soirée ImageSingulières au Théâtre de la Mer

www.imagesingulieres.com

Exposition «HORS-CHAMP»  Alain Adler & Gaston Paris  © Gaston Paris / Roger-ViolletUne célèbre photographie de Jean Seberg et de Jean-Paul Belmondo déambulant sur les Champs-Elysées n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, une image du film. C’est une pure mise en scène du photographe Raymond Cauchelier à qui l’on doit cette réflexion de bon sens : « ce qui est bon pour le cinéma, ne l’est pas toujours pour la photo… ». La photographie pensée comme la vingt-cinquième image, celle que l’on retient !

En 1936, avec la victoire du Front populaire, on assiste à l’apogée du réalisme poétique. C’est un cinéma tourné en studio où les décorateurs tels qu’Alexandre Trauner jouent un rôle important. Si les dialoguistes, eux aussi, deviennent des personnages-clés du cinéma français (le plus célèbre étant Jacques Prévert), les chefs opérateurs marquent leur époque par leur talent et leur ingéniosité. Henri Alekan, un des plus célèbres d’entre eux, inspira à Colette Harcourt la création des studios du même nom.

Exposition «HORS-CHAMP»  Alain Adler & Gaston Paris  © Gaston Paris / Roger-ViolletC’est à cette époque que Gaston Paris commença à fréquenter les tournages et à portraitiser les stars de l’époque avec lesquelles il entretenait souvent une vraie proximité. Il savait, armé de son Rolleiflex, utiliser au mieux les éclairages du chef-opérateur pour ses images très sophistiquées où l’on retrouve souvent là aussi l’esprit « Harcourt ». Gaston Paris, tout comme Alain Adler plus tard, travaillera pendant les temps morts des tournages . Le décor est en place mais les acteurs « off » et en quelque sorte redevenus un peu eux-mêmes, ayant abandonné, le temps d’une pause, leur personnage filmique. Ainsi va la photographie d’Antony Queen au maquillage sur le tournage de Notre-Dame de Paris (de Jean Delannoy en 1956). Il émane de l’acteur une impression de fatigue qui nous dit la difficulté du rôle. Alain Adler joue parfaitement de l’intimité du hors-champ et instaure là une relation particulière avec l’acteur pour cette photographie unique qui déconstruit l’image traditionnelle de l’acteur américain.

À la veille de la Nouvelle Vague,

le cinéma français se complaît dans un académisme suranné. Heureusement l’honneur du septième art est sauvé par de grands auteurs indépendants comme Renoir, Bresson, Ophüls ou Tati. Une majorité de la production française est cependant dédiée à des films mineurs aux titres évocateurs (« Sois belle et tais toi », « Le long des trottoirs », « Miss catastrophe »…) qui disent beaucoup sur la place de la femme dans la société, et qui vont beaucoup inspirer Alain Adler avec des images souvent sans concessions. Telle cette image de la jeune Bardot à genoux sur la moquette en robe de soirée avec un technicien au travail et en arrière-plan un couple dont le regard de l’homme semble aimanté par le fessier de l’actrice.

Les photographies de Alain Adler et de Gaston Paris font partie, du « Fonds Roger-Viollet » qui appartient à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, et par concession de service public sont diffusées par l’Agence Roger-Viollet.

The Rio, 7 quai Leopold Suquet  Sète

ouverte tous les jours de 11h à 21h

Maison de l’image documentaire, 17 Rue Lacan, 34200 Sète