Exposition «Habiter le bâti » Yan BERNARD Nicolas DAUBANES Alexis JUDIC | Galerie du Philosophe – Carla Bayle

«Habiter le bâti » Yan BERNARD Nicolas DAUBANES Alexis JUDIC

Du 7 juillet au 2 septembre 2018  – Vernissage samedi 7 juillet 18 h.

https://la-rue-des-arts.blogspot.fr

Yan BERNARDEn 2017 nous avions placé le festival sous le thème de la « Nature à l’ouvrage ». La nature était montrée comme un lieu d’existence de l’homme et donc par là même d’habitation.
Cette année nous avons souhaité adresser le thème de « l’Habiter » en questionnant les multiples faces de l’espace social, celui de l’espace urbain et rural qui nous entoure mais également celui des créations éphémères des utopies.
Dédaignant les réalisations des « grands architectes » pour s’intéresser à notre environnement architectural, Nicolas Daubanes, Alexis Judic et Yan Bernard élaborent un constat critique et parfois désabusé.  Alexis Judic analyse le parcours catastrophique de la ville pavillonnaire et son habitation individualisée dont l’entropie menace l’habitabilité du monde à laquelle il oppose les formes architecturales utopiques et communautaires. Reproduisant des processus de croissance analogues à celui des cristaux, Yan Bernard produit à l’infini des formes dont la multiplication brouille la signification Yan BERNARDoriginelle. Par là il interroge le rapport entre virtuel-réel et l’idée d’architecture, l’ambigüité d’un objet-sculpture-maquette. Nicolas Daubanes concentre son champ d’action sur les espaces sociaux clos comme les prisons, les écoles ou les hôpitaux. Il interroge les multiples modes de résistance au contrôle social dont ces architectures spécifiques sont à la fois le symbole et la mise en œuvre pratique.
Le festival d’été 2018 est un état des lieux, certes partiel, de ce que l’art peut apporter dans la critique de l’architecture en tant que représentation sociale.   

Yan BERNARD – Bibliothèque du Carla-Bayle

«Habiter le bâti » Yan BERNARD Nicolas DAUBANES Alexis JUDICLa notion d’échantillon, de prélèvement est récurrente dans mon travail, c’est comme un écho aux similitudes, aux récurrences, mais aussi aux dissemblances. J’utilise la figuration et la banalité comme matière première. Mon propos est d’interroger notre rapport à l’image, à l’objet, à l’œuvre. Ainsi, mes couleurs sont souvent en retrait, les formes sculpturales évoquent plus que ne représentent. Mon sujet est morcelé et cultive le hors champs. C’est une façon d’indiquer que l’image-objet représentée n’en est pas le sujet, mais le vecteur. L’utilisation de nombreux outils et techniques, pinceau, crayon, aérographe, imprimante 3D, palette graphique, modélisation 3D… est une façon de décaler le propos. Chaque pratique est l’occasion d’un détournement de cette dernière et donc d’un renouvellement du regard. C’est une sorte d’arrêt sur image, dans un monde où cette dernière ne cesse de se démultiplier. Je fais peu de différence entre une toile que l’on peut considérer comme un volume ou une sculpture que l’on peut choisir de regarder en 2 dimensions comme un dessin. Ainsi la façon de présenter le travail fait partie de mes interrogations, le rapport au mur et au lieu d’exposition, l’interaction avec le regardeur. Si l’on prend le temps, la technique employée ou son processus de réalisation, sont des indices supplémentaires au sein de mon travail qui permettent une nouvelle lecture.

Nicolas DAUBANESNicolas DAUBANES – Galerie du Philosophe

« La pureté, c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. »
En reprenant le titre de la pièce de théâtre, Les mains sales, rédigée par Jean-Paul Sartre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Nicolas Daubanes pointe un double paradoxe : celui de l’engagement politique des artistes ou des intellectuels et la difficulté, pour ces derniers, de se positionner ainsi, tant il serait vrai qu’un « intellectuel ne saurait être un vrai révolutionnaire » . Parce qu’il semble intolérable d’introduire la révolution dans les musées et parce que l’institution est par définition un lieu privilégié et bourgeois, toute tentative de transformation sociale ou d’incitation à la désobéissance civile prend le risque de tomber dans une posture, dans le frisson convenu de la dissension ou de la rébellion. Or le sabotage, avant d’être une stratégie militaire, un complexe de résistance anarcho-syndicaliste ou procapitaliste, relève avant tout d’un acte créatif par excellence. Libre et affranchi des instances de contrôle, il affirme sa logique disruptive, sa part de mensonge ou de dissimulation.
Texte : Marion Zilio – extrait de « La révolte n’est pas une expo d’art » , À propos de l’exposition « Les mains sales ». ; Courtesy galerie Maubert, Paris.

AAlexis JUDIClexis JUDIC – Carré d’Arts

Construire. Pour un monde à venir, malgré tout.
Alexis Judic appartient à cette jeune génération d’artistes qui semblent être traversés par des courants de l’histoire de l’art que l’on croyait sinon oubliés du moins éteints. Mais il est notable de constater que pour des artistes tels qu’Alexis Judic seule l’histoire de l’art que l’on peut sinon vivre soi-même, du moins appréhender comme expérience personnelle, seule cette histoire-là nous concerne.
Comme un étranger Alexis Judic cherche le chemin du retour au pays. C’est un chemin encombré de zones vides, de décharges, de déchets oubliés. Le temps a démonté les installations des utopies qui sont même dépossédées de la possibilité de faire ruine, car les sites eux-mêmes sont plongés dans le chaos de l’entropie.
Les œuvres de l’utopie sont comme l’art de l’histoire des avant-dernières choses : elles ont sombré par des failles de l’espace-temps et sont désormais soustraites au regard. Peut-être reviendront-elles aux temps ultimes, mais sans doute avons-nous déjà dépassé la limite. Comme on le voit, le Constructeur est obligé de devenir l’historien de son propre devenir. Ce qu’il forge, en des temps inhabitables, ce sont des maisons pour des temps abolis, mais nous savons malgré tout que de telles indications peuvent révéler, sur la courbe du temps, toute la lumineuse fraîcheur d’un monde à venir.

Ouvert week-end et semaine (du lundi au dimanche), de 14h à 19h
Association Rue des Arts, Galerie du Philosophe 09130 Carla Bayle
http://contactruedesarts.wix.com/rue-des-arts
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