Exposition « Éloigne moi de toi » Annabel Aoun Blanco « We Were Five »

Éloigne moi de toi Annabel Aoun BlancoÉloigne moi de toi Annabel Aoun Blanco

Du 27 avril au 29 décembre 2019

www.museereattu.arles.fr

Annabel Aoun Blanco est une jeune artiste, photographe-vidéaste plasticienne qui travaille sur l’interstice entre la vie et la mort, la mémoire et l’oubli, l’apparition / la disparition, le blanc et le noir, le solide et le liquide…

L’artiste créé des dispositifs alliant gestes, matières et figure humaine. L’artiste part de l’analyse et de l’illustration de l’idée platonicienne « le temps est l’image mobile de l’éternité immobile » où « image mobile » renverrait à vidéo et « éternité immobile » à la photographie.

L’artiste cherche à apporter aux caractéristiques de la photographie celles de « vitesse » et de « distance » propres à la vidéo, et à la vidéo celles de « figé », « d’instantané » et de huis clos propres à la photographie. Une réflexion particulièrement rigoureuse et cohérente donne ainsi naissance à des œuvres d’une qualité plastique plus que troublante, chargées d’émotions.

We Were Five

We Were FiveCinq étudiants de l’Institute of Design  et la revue Aperture
29 juin – 29 septembre 2019

L’exposition que propose le Musée Réattu a été conçue pour permettre à un large public de découvrir tout un pan de l’histoire de la photographie américaine relativement peu présenté en France.
Au fil des images réalisées par ceux qui furent, étudiants, puis à leur tour professeurs, c’est une invitation que le Musée Réattu propose pour comprendre l’importance et l’intérêt de l’Institute of Design, de la revue Aperture et de ce que l’on appelle « l’école de Chicago »
 
Cinq photographes choisis par Aaron Siskind et Minor White
En 1961, le photographe Minor White publie dans la revue Aperture, dont il est co-fondateur, les portfolios de cinq étudiants fraîchement diplômés de l’Institute of Design. Il s’agit de Joseph Jachna, Kenneth Josephson, Ray K.Metzker, Joseph Sterling et Charles Swedlund. Tous ont été sélectionnés par Aaron Siskind, professeur à l’Institute of Design, en accord avec Minor White.
Le but de cette publication est de présenter le travail de ces étudiants à un moment où l’école, grâce à Harry Callahan et Aaron Siskind, devient de plus en plus connue. Minor White et Arthur Siegel rédigent une introduction, la maquette quant à elle est réalisée par Edward Bedno.
 
Ces cinq portfolios se composent d’une série de 5 à 10 photographies qui seront présentées au Musée Réattu, accompagnées d’une présentation plus ou moins détaillée et rédigée par chacun des étudiants. Ces textes sont d’un très grand intérêt et ont été traduits en français par les soins du Musée Réattu. Ils commentent le thème des images choisies pour la publication et constituent leur mémoire de fin d’année.
 
On peut citer dans l’ordre de la publication : – Kenneth Josephson, An exploration of the Multiple Image – Joseph Sterling, The Teen-Ager – Charles Swedlund, The Search for Form : Studies of the Human Figure – Ray K. Metzker, My camera and I in the loop – Joseph Jachna, Water
 
Par la suite, ces photographes vont devenir eux-mêmes professeurs et influenceront durablement l’enseignement de la photographie aux États-Unis. Quant à leur travail personnel, il fera et continue à faire l’objet de très nombreuses expositions. C’est grâce à des prêts exceptionnels d’institutions, de musées, de galeries et de collectionneurs privés que le Musée Réattu pourra présenter les photographies de ces jeunes photographes publiées dans ce volume 9, numéro 2 de la revue Aperture.
 
L’Institute of Design et la revue Aperture 
Afin de replacer ces images dans le contexte de l’enseignement tel qu’il était pratiqué à Chicago, l’exposition proposera en ouverture une sélection de photographies réalisées par les professeurs qui enseignaient à l’époque et qui ont fait vivre l’Institute of Design. En premier lieu, son créateur, László Moholy-Nagy mais aussi Arthur Siegel, Nathan Lerner, Georgy Kepes, Harry Callahan, Aaron Siskind. En parallèle, des documents, textes, photographies d’archives, viendront éclairer la naissance et les premières années de la création de la revue Aperture dont on ignore bien souvent l’origine. C’est au cours d’une conférence organisée à Aspen, à l’automne 1951, qu’est née l’idée d’une publication sérieuse et documentée sur la photographie. Cette conférence qui s’est tenue pendant toute une semaine, rassemblait critiques, photographes, parmi lesquels Berenice Abbot, Ansel Adams, Melton Ferris, Dorothea Lange, Barbara Morgan, Nancy et Beaumont Newhall et surtout Minor White, qui en sera un des co-fondateurs. Tout en enseignant dès 1955, la photographie au Rochester Institute of Technology, il en assurera la rédaction, quasiment jusqu’à sa mort, en 1976.
C’est à San Francisco que le premier numéro du journal trimestriel Aperture consacré à la photographie créative sera lancé en 1952.
 
L’école de Chicago et ses images 
L’enseignement de l’Institute of Design a évolué au fil des années mais tous les professeurs qui se sont succédés ont eu une influence fondamentale sur un grand nombre de photographes. László Moholy-Nagy, Aaron Siskind, Harry Callahan sont parmi les plus connus mais il y en a bien d’autres encore à découvrir et plus particulièrement les cinq étudiants présentés au musée Réattu.
Après leur sortie de l’école, chacun d’entre eux a suivi son chemin et Chicago a continué à faire l’objet de nombreuses et fantastiques images où coulent toujours dans leurs veines l’esprit du Bauhaus et de l’Institute of Design.
 
Ces 5 photographes, amis, se sont désignés comme le groupe des 5 en référence à la publication d’Aperture. Par la suite dans les années 1980-1990, une exposition s’est tenue à Chicago intitulée «Together Again». Son objet était de réunir à nouveau ce groupe informel de 5 photographes et d’y ajouter Yasuhiro Ishimoto proche du groupe et étudiants de l’Institute of Design.
Une sélection d’images de ce dernier sera exposée avec celles plus récentes de ses « cinq amis » afin de mettre en lumière les traits fondamentaux qui caractérisent ce qu’on appelle « l’École de Chicago ».
 
Enfin, pour terminer le parcours, un hommage particulier sera rendu à une femme photographe, Barbara Crane, qui fut élève d’Aaron Siskind à l’Institute of Design. Barbara Crane a fêté l’an passé ses 90 ans. Mère de trois enfants et séparée de son mari, elle n’a jamais cessé de photographier et continue encore à exercer ce métier qui a été celui de toute une vie. Elle a été également professeur à l’Institute of Design puis à l’Art Institute. « J’ai besoin de travailler pour être heureuse et j’ai toujours passionnément aimé faire des images » affirmait-elle récemment.
Françoise Paviot
 
 
Commissariat:
Daniel Rouvier, Conservateur en chef, Directeur du musée Réattu et Françoise Paviot
Exposition produite par la Ville d’Arles.
L’exposition «We Were Five», bénéficie du partenariat et du soutien de la Fondation Aperture, New York.
 

Musée des beaux-arts, Ancien Grand Prieuré de l’Ordre de Malte 10 rue du Grand Prieuré 13200 Arles tél : 04 90 49 38 34