Exposition « Distance intime. Chefs-d’oeuvre de la collection Ishikawa » Moco

Distance intime. Chefs-d’oeuvre de la collection Ishikawa

Du 29 juin au 29 septembre 2019 weekend d’ouverture les 29 et 30 juin 2019

www.moco.art/fr

Distance intime. Chefs-d'oeuvre de la collection IshikawaA l’occasion de l’inauguration de l’Hôtel des collections le 29 juin prochain, le MOCO présente pour la première fois au public les chefs d’œuvre de la collection Ishikawa.

Relativement récente, car initiée en 2011 par Yasuharu Ishikawa, entrepreneur japonais né en 1970 à Okayama, cette collection privée exceptionnelle est portée par une grande cohérence. Si elle se révèle japonaise, c’est sans doute par l’accent qu’elle porte sur les formes minimales, discrètes et subtiles.

L’exposition Distance intime, dont le commissariat a été confié à Yuko Hasegawa, directrice artistique du Musée d’Art Contemporain de Tokyo (MOT) et professeure à l’université des Arts de Tokyo, réunit près de 30 œuvres d’artistes internationaux tels que On Kawara (Kariya, Japon, 1932 – New York, Etats-Unis, 2014), Félix Gonzalez-Torres (Guáimaro, Cuba, 1957 – Miami, USA, 1996), Pierre Huyghe (Paris, France, 1962), Danh Vo (Bà Ria, Vietnam, 1975), Motoyuki Shitamichi (Okayama, Japon, 1978) ou encore Simon Fujiwara (Londres, Grande Bretagne, 1982).

Les sculptures, peintures, photographies, vidéos et installations sélectionnées par la commissaire trouvent leur origine dans un héritage conceptuel. Cependant, toutes s’articulent autour de récits personnels forts en lien avec des situations historiques et universelles : la maladie d’un amant (Félix Gonzalez-Torres), une catastrophe écologique (Pierre Huyghe), le rapport entre globalisation et migration (Danh Vo) ou le lien au père (Simon Fujiwara). Ces œuvres sont des actes de mémoires : elles convoquent des souvenirs partagés et provoquent des émotions formelles et sensitives fortes. Beaucoup utilisent l’interaction directe avec le spectateur, souvent par l’image ou par le son, pour imprimer une sensation durable chez le visiteur.

Rien d’exubérant parmi les œuvres sélectionnées, rien de spectaculaire, mais une tension constante entre la dimension intime et celle de l’histoire, comme en témoigne la magnifique série de douze Date Paintings d’On Kawara, œuvres qui constituent un poétique va-et-vient entre la neutralité abstraite d’une date et les événements mondiaux, souvent brutaux, qui y sont associés.

Distance intime réunit ainsi des œuvres des années soixante à nos jours, tout en se concentrant sur des pièces produites après les années quatre-vingt-dix. La sélection présentée inclut des artistes historiques tels que Marcel Broodthaers, Lawrence Weiner, Gerhard Richter, des artistes confirmés comme Pierre Huyghe, Liam Gillick, Danh Vo et des artistes émergents comme Rachel Rose, Ryan Gander ou Shitamichi Motoyuki.

Une occasion unique de découvrir des œuvres mythiques, comme la toute première pièce lumineuse de Félix Gonzalez-Torres, « Untitled » (March 5th) #2 de 1991, un ensemble de vidéos et sculptures de Fischli & Weiss, et des installations immersives de Anri Sala ou Haroon Mirza.

L’exposition ne propose pas de parcours chronologique. Elle est conçue comme un paysage à explorer, dans lequel les œuvres se font écho formellement et thématiquement. Au sein de l’Hôtel des collections, celles-ci trouvent leur cadre idéal à travers un véritable parcours muséal. Entre histoire et intimité, actualité et sensibilité, ce rassemblement inédit de chefs d’œuvre récents nous entraîne vers une étrange sérénité.

MO.CO.Hôtel des collections, 13 rue de la république, Montpellier