Exposition Cosmogonies Zinsou, une collection africaine – Montpellier

Exposition Cosmogonies Zinsou, une collection africaine - Montpellier

Cosmogonies Zinsou, une collection africaine

Du 3 juillet au 10 octobre 2021 – Ouverture le 2 juillet

Cet été, en parallèle du sommet France-Afrique 2021 qui aura lieu à Montpellier, MO.CO. Hôtel des collections présente “Cosmogonies.  Zinsou, une collection africaine”.

MO.CO. Hôtel des collections accueille pour la première fois des œuvres de la collection de la Fondation, selon une sélection guidée par l’envie d’un récit, à la fois territorial et universel. Cosmogonies présente près de 110 œuvres (sculptures, photographies, peintures et installations) de 37 artistes de générations différentes tels que Frédéric Bruly‐Bouabré, Cyprien Tokoudagba, Mallick Sidibé ou Chéri Samba mais aussi Zanele Muholi, Ishola Akpo, Sammy Baloji ou Aïcha Snoussi.

Comme fil conducteur de cette histoire, l’équipe curatoriale du MO.CO. a choisi la figure de Cyprien Tokoudagba (1939‐ 2012, Bénin). Il peignait à l’origine sur les palais et les temples, restaurait des fresques, créait des sculptures, répertoriant ainsi les différentes divinités vaudou ou scènes liées aux Rois d’Abomey. Il transposa ensuite ces mêmes motifs sur toiles, puis fut invité par Marie‐Cécile Zinsou à inaugurer la fondation en 2005. Les figures et symboles représentés permettent d’ancrer son œuvre dans la transmission, celle d’une histoire, d’une culture, dans une économie de moyens et de formes qui ouvre à l’universalité. Les peintures de Tokoudagba illustrent également la porosité entre la réalité et le surnaturel, entre le quotidien et la légende, ces cosmogonies qui mêlent magie et réalisme. 

Le parcours de l’exposition décline cette capacité d’engendrer des mondes à travers sept grands thèmes : alphabets et codes / intimité et mémoire / un air du temps / poses et mises en scène / distance critique / légendes et symboles / métamorphoses. 

Frédéric Bruly‐Bouabré, Esther Mahlangu, Kwesi Owusu‐Ankomah et Emo de Medeiros ont tous constitué des répertoires formels mêlant tradition et contemporanéité. Les coiffures mises en valeurs par les photographies d’Ojeikere témoignent elles‐aussi de significations transmises par des codes, liées à l’intime. Avec Sidibé et Keita, c’est un voyage dans cette intimité qui est proposé, avant que le regard ne s’éloigne pour rendre compte d’un air du temps retravaillé en studio, allant jusqu’à la mise en scène. La question de la frontière entre réalisme et cliché est franchie avec les œuvres de Samuel Fosso qui se travestit pour mieux caricaturer les typologies sociales en fonction des apparences. Les scènes de la vie quotidienne peintes par Chéri Samba se teintent d’une même distance ironique, dans le choix des scènes, mais aussi dans les commentaires souvent ironiques qui les accompagnent. 

L’homme contemporain a aussi engendré un monde malade, et celui‐ci est dénoncé dans les photographies de Romuald Hazoumé ou les œuvres de Quenum, Mahama ou Baloji. Pour le transformer, l’enchanter, ou s’en détourner, on peut alors se tourner vers les étoiles avec Rigobert NImi, vers la mythologie avec Lilanga, ou faire confiance aux signes magiques révélés par Hazoumé. Il existe aussi des formes de résistances individuelles, d’invention de soi, de métamorphoses libératrices : c’est ce que nous offrent les photographies de Zanele Muholi ou Rotimi Fani‐Kayodé, les sculptures de Seyni Camara, ou les dessins d’Aïcha Snoussi. 

MO.CO Hôtel des collections, 13 rue de la république, 34000 Montpellier