Exposition “Clôture éclose” Richard Monnier | Galerie Point to Point – Nîmes

“Clôture éclose” Richard Monnier

Du 01 février au 17 mars 2018

https://www.pointtopoint-galerie.com

 "Clôture éclose" Richard MonnierRichard  Monnier présentera à la galerie point to point du 01 février au 17 mars :Clôture éclose avec les travaux, bout de ficelle, futurs antérieurs, Rising fence…

Avant d’être sculpteur et peut-être même avant d’être artiste, Richard Monnier est d’abord un chercheur. C’est pourquoi, depuis 1980, la production matérielle n’a jamais été une finalité dans son travail. Au rythme d’une ou deux sculptures ou sinon d’une photographie ou d’un dessin par an, sa productivité est en effet décourageante… Si, de plus, on précise que ses sculptures sont dans la plupart des cas réalisées dans des matériaux instables, on comprendra la tranquille irréductibilité de Monnier à la loi du marché, et on pourra même s’étonner de le voir représenté dans huit collections publiques !

“Je ne suis pas attaché à des matériaux mais à des processus d’apparition de la forme”, déclarait-il, quand son travail présentait encore les apparences de la sculpture. Expansion, tressage, découpe, enroulement, superposition, dispersion… Dans le prolongement du Process Art, Monnier s’en tenait alors à des gestes simples et répétitifs, des gestes induits par des matériaux dont le choix était lui même induit par l’observation de caractéristiques physiques particulières. La mousse de polyuréthane, le ciment, le grillage à poule, la colle thermo-fusible, etc. Sans oublier le matériau de l’histoire de l’art, Monnier puisant longtemps dans le XXe siècle (Brancusi, Max Bill, "Clôture éclose" Richard MonnierCésar, Serra, Hesse…) pour se tourner plus récemment vers la Renaissance, et son œuvre redoublant d’invisibilité dès lors ! Car l’œuvre de Monnier ne serait pas ce qu’elle est si son auteur n’était aussi un inlassable enseignant : toujours à mi-chemin de la bibliothèque et du réduit minable et encombré qui lui sert d’atelier. La recherche documentaire relève ici du réflexe professionnel, mais elle est tout aussi empirique. C’est ce qui lui permet de créer des ponts inattendus entre l’Op Art et l’Art concret. C’est ce qui donne à certaines de ses œuvres, sinon un fini, du moins une silhouette minimaliste et à d’autres celles de gadgets psychédéliques. C’est ce qui le rend atypique, sans être anachronique. C’est ce qui lui donne une vue imprenable, car d’expérience, sur l’art des années soixante-dix à nos jours. L’artiste bricole imperturbablement, il s’obstine calmement. Très bien informé, il n’en préfère pas moins l’approche aléatoire (plusieurs de ses œuvres font d’ailleurs explicitement référence au jeu de dés) et spontanée, revendiquant sans scrupule le caractère laborieux de sa démarche et s’étonnant peut-être lui même que des gestes, des matériaux et des références si disparates puissent être à l’origine d’une œuvre marquée par une indiscutable unité formelle et conceptuelle, et demeurant toujours ouverte et imprévisible » […]. Lire en Anglais Clique ici .

Extrait de Portrait de l’astronome en joueur de boules Richard Monnier et l’éclairage de l’empirisme. de Frédéric Paul, 2002 Extrait du texte publié dans Les Cahiers du MNAM, Centre Pompidou, Paris, n°83, printemps 2003.

Éditions – Galerie – Librairie, 2 + 2 Place de la Calade 30000 NÎMES

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