Exposition Circulez, il n’y a rien à voir – Toulouse

Exposition Circulez, il n’y a rien à voir - Toulouse

Circulez, il n’y a rien à voir

Du 4 novembre au 19 décembre 2021

Quel commissaire d’exposition n’a pas rêvé de montrer à son public ses oeuvres d’art préférées en une seule et même manifestation ?
La Fondation espace écureuil fait le pari d’exposer une sélection de chefs d’oeuvres qui resteront à la fois invisibles et racontés : il n’y aura rien à voir mais tout à écouter.

L’Ange tenant un rameau d’olivier d’Hans Memling, Pina Bausch qui danse, une planche de BD de Claire Bretécher ou le cube d’une tonne de thé d’Ai Weiwei… Les visiteurs de la Fondation vont entendre parler de quelque 35 chefs d’œuvre qu’ils ne pourront pas véritablement regarder.

Seul l’emplacement fictif des oeuvres sera visible, symbolisé par un trait au mur ou au sol. Tout sera dans l’écoute : des gens vont parler de chacune des oeuvres, et les visiteurs seront invités à circuler de « diseurs » en « diseuses » pour appréhender l’ensemble de l’exposition.

Car il s’agit bien d’une exposition : un catalogue oeuvres, une scénographie, un parti-pris, un propos et même des cartels. Le dispositif est pourtant inédit, proche de la performance, car il encourage à la fois le public de la Fondation à venir à la rencontre de l’invisible et, s’il a envie de tenter l’expérience, à partager son attachement à une oeuvre en devenant lui-même diseur.

Il y a donc ici une vraie exposition : des œuvres, une scénographie, un parti-pris, un propos et même des cartels.
Toutefois, nous avons remplacé les œuvres par des « diseurs ».
Il n’y a rien à voir : le visuel (l’œuvre) est remplacé par des gens qui vont vous en parler.
Circulez : vous êtes invités à aller de l’un à l’autre des diseurs pour appréhender l’ensemble de l’exposition.
De mes nombreuses rencontres avec les publics (dont je fais partie) et de mes non moins nombreuses lectures sur ce qu’est un visiteur d’exposition, m’est venue l’idée de ce curieux dispositif, proche de la performance.

Chaque contact avec une œuvre est une rencontre, une rencontre à double entrée.
Tout d’abord, nous la « recevons ». Notre sensibilité nous envoie des signaux. Tous types d’émotions nous parcourent alors. Souvent nous disons « ça me parle ». Oui, l’œuvre nous parle, de nous essentiellement.

Puis, nous allons à la recherche d’un savoir savant de cette œuvre qui nous parle fort ou nous chuchote des choses câlines ou dérangeantes au creux de notre fort intérieur. Nous apprenons son contexte historique, artistique, social…

Alors, nous « connaissons » l’œuvre, par une rencontre sensible doublée d’un regard savant.

Vient le temps du partage de cette rencontre. Pour la transmettre, nous la racontons. Nous transformons cette double rencontre en langage : nous pensons l’œuvre, car nous la « parlons ».
Dans ce récit, il y a toujours plus de nous que de l’œuvre. 50–50 disait Marcel Duchamp, je lui contesterais bien ce pourcentage.

C’est ce scénario de « connaissance » des œuvres qui est mis en place ici.
Des diseurs (de bonne aventure) qui ont été des visiteurs, des spectateurs, transmettent leur  « connaissance » des œuvres de cette exposition.

Car il fallait néanmoins mettre en place une véritable exposition sur laquelle appuyer ce dispositif. Celle qui vous est proposée aujourd’hui est mon exposition idéale, en toute subjectivité, en toute sensibilité du moment.


Sylvie Corroler-Talairach, directrice artistique de la Fondation
Dispositif imaginé par Sylvie Corroler-Talairach et Marion Viollet

Fondation Écureuil 3 place du Capitole, Toulouse, Tél :  05 62 30 23 30 

Du mardi au samedi de 11h00 à 18h00 et le premier dimanche du mois de 15h00 à 18h00.

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