Ne venez pas dire que vous ne saviez pas, on vous aura prévenu …
77 personnalités ont lancé un appel de soutien à Mediapart, face à
l’offensive judiciaire dont nous sommes la cible. Mediapart fait l’objet
de onze plaintes à la demande de François Pérol, des Caisses d’épargne
et de leurs anciens dirigeants. Les premiers signataires de cet appel -
dont François Bayrou, Olivier Besancenot, Ségolène Royal, Martine Aubry,
Marie-George Buffet, Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage – ont déjà été
rejoints par plus de 5.500 personnes.
Nicolas Sarkozy a promu l’un de ses plus proches collaborateurs,
François Pérol, à la présidence des Caisses d’épargne et des Banques
populaires. Pour avoir révélé cette information, le 21 février, et
s’être interrogé sur le sens de cette promotion, Mediapart fait
aujourd’hui l’objet d’une citation directe à comparaître devant le
Tribunal correctionnel de Paris du chef de diffamation de la part de
François Pérol.
Journaliste en France, un métier de plus en plus risqué
En une semaine, quatre convocations et une mise en examen dans trois médias. La liberté de la presse régresse dans l’Hexagone.
Jeudi, Joseph Tual, journaliste à la rédaction nationale de France 3, a été entendu par un juge d’instruction lillois à la suite d’une convocation pour « recel de violation du secret professionnel ». Le juge agissait à la suite d’une plainte déposée par un policier marocain à la retraite visé par un mandat d’arrêt international dans le cadre de l’affaire Ben Barka.
Convoqué pour avoir fait son travail
Le juge parisien qui instruit cette affaire, Patrick Ramaël, avait délivré cinq mandats d’arrêt en octobre 2007. Joseph Tual l’avait révélé sur France 3 au moment où Nicolas Sarkozy posait le pied sur le sol marocain pour une visite officielle. Pour le journaliste, qui suit de longue date ce dossier -parmi d’autres affaires sensibles-, c’est une première:
« C’est la première fois que je suis convoqué pour avoir fait mon travail. Le juge m’a demandé qui avait décidé de diffuser ce reportage et m’a interrogé sur mes sources. Tout cela montre que cette vieille histoire est bien une affaire d’Etat. Je m’interroge aussi sur l’ancien policier marocain, parce qu’il ne donne aucun signe de vie. Il s’est pas rendu à sa convocation et rien n’indique qu’il soit vraiment à l’origine de la plainte. » Lire La suite
(témoignage laissé chez Mermet, « là-bas si j’y suis »- France Inter) Pour écouter l’émission ou bien à lireA ÉCOUTER ABSOLUMENT ET A FAIRE PASSER……..ça devient un pays de dingue……
Ecole des Métiers du Gers. Descente musclée de la gendarmerie dans les classes:
Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail 4 gendarmes
décidés, acc ompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente.
Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris.
Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement.
Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre
terrorisé, sur des casquett es, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent.
Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont
envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs.
Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il
peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau.
Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun évènement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves.
On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent. Ils m’interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes.
Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire l’indignation que sur le visage de quelques collègues.
On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale, d’autres souhaitable.
Je me dis qu’en 50 ans (dont 20 comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des
territoires jusque là protégés subissent l’assaut d’une idéologie dure.
Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis,
désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : «Salu t les filles! » alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien».
A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement.
C’est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu’ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d’un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes.
Mercredi 19 novembre 2008
Une première en Isère : des enfants raflés à l’école
Bonsoir,
Hier s’est produit un fait très grave à l’école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l’école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour « un rendez-vous en préfecture », ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention
de Lyon.
Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d’entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l’aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard.
Nous n’avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin.
Leurs chaises d’école resteront vides.
C’est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles.
Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l’école.
Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire « on ne
savait pas ».
Merci,
Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38.
Je pense que ce blog va faire bientôt partie de ce que l’on appelle « la veille de l’opinion », cela concernait l’éducation nationale certes mais en voici en quelques lignes sur son objectif ou bien en entier en cliquant sur le lien suivant veille_opinion
5.1.1 Objectif
Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :
???? Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)
???? Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 – page 3/8
???? Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et
leur capacité à se constituer en réseau
???? Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
???? Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
???? Suivre les informations signifiantes dans le temps
???? Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires,
audience, etc.)
???? Rapprocher ces informations et les interpréter
???? Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
???? Alerter et préconiser en conséquence
Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion »
potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués
5.1.2 Sources surveillées
La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité,
revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de
syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de
mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs
généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux,
ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)
Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la
presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres,
études et sondages seront également surveillées et traitées.
Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront
soigneusement analysés.
5.1.3 Finalités
L’analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus
défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien,
note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence).
Plus particulièrement en matière de veille Internet, l’analyse permettra un suivi précis de l’évolution de
l’opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal.










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