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Le Musée Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon à Sérignan organise une grande exposition monographique consacrée à Yves Bélorgey. Sur 1000 m², les peintures viennent dialoguer avec les grands dessins au même format, invariablement 240 x 240 cm, installés sur les deux niveaux du musée.
Yves Bélorgey parcourt les banlieues des grandes métropoles, de Marseille à Mexico, en passant par Varsovie ou Istanbul, pour en ramener des photographies d’immeubles qui, plus tard à l’atelier, deviendront des peintures et dessins de grandes dimensions. Ses peintures cadrent et tendent à faire entrer l’objet représenté dans sa globalité. La construction est donnée par la facture, proposant au regardeur la même monumentalité que lorsque l’on se situe devant l’immeuble lui-même. Les dessins sont plus resserrés, représentant souvent des entrées d’immeubles ou des détails particuliers. Ils ne sont pas des esquisses mais proposent un autre cadrage, davantage dans la quotidienneté.
Les représentations de paysages urbains d’Yves Bélorgey portent un regard sur les édifices de l’architecture moderne. Il les représente dans une frontalité brutale et exhibe l’organisation sociale qui conditionne le système urbain des banlieues. Ces barres d’immeubles sont représentées sur le mode du réalisme sans pour autant chercher à dupliquer la photographie, tout en excluant les préjugés sociaux dont ils sont d’ordinaire affublés. Le regard n’est à la fois ni pessimiste, ni optimiste, mais se positionne plutôt sur le mode documentaire. Yves Bélorgey décrit sa relation au sujet de sa peinture : « Du paysage habité j’ai gardé les immeubles d’habitation collectifs, multifamiliaux, modernes (construits après les années 60). Chaque tableau représente un fragment de l’espace habité, évoque un environnement plus large qui renvoie à des faits et des processus historiques. Je m’interroge sur l’histoire du XXe siècle à travers la peinture. […] Les techniques rationnelles de construction, la culture du progrès, sa diffusion internationale, l’autorité des pouvoirs publics, l’état planificateur, la banlieue, les quartiers sensibles, une population déshéritée… Tout cela doit rester hors du tableau. L’immeuble collectif est devenu le mauvais objet par excellence, ou l’objet d’une mauvaise conscience. […] Je ne veux pas ce mélange de compassion et de dénonciation que semble appeler le sujet. Je ne montre pas un monde idéal, je tente de restituer ce que j’ai vu. Je me situe dans l’écart entre l’utopie et ce qu’il reste dans l’inachevé de l’actualité. » Lire la suite…





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