Exposition du 20 Mars au 30 avril 2010 http://exprmntl.fr
Vernissage le vendredi 19 mars 2010 (18h30/ 21h)
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Un ours mal léché dans mon jardin
Yu Matsuoka est une peintre japonaise installée depuis sept ans en France, où elle a étudié aux Beaux-Arts de Paris après avoir terminé sa formation aux Beaux-Arts de Kyoto.
Pour sa nouvelle exposition à la galerie EXPRMNTL, Yu Matsuoka montre un ensemble de peintures de moyen et de grand format dont la plupart figurent des paysages. Le sujet n’en est pas manifeste au premier regard. Certaines semblent plutôt, d’emblée, des tableaux abstraits. Ce sont des compositions picturales d’une grande complexité et d’une éblouissante richesse d’invention. Ces peintures sollicitent plusieurs distances de regard. À distance, on est frappé par les grandes lignes de leur construction. À mesure que l’on s’approche, le regard est captivé par un fourmillement de propositions, parfois minuscules, qui sont un nouveau plaisir pour l’oeil. La technique est apparemment simple: une peinture liquide appliquée en petites touches et jouant de multiples transparences. La palette est riche et raffinée. Des gris colorés (ces «non-couleurs» qu’évoque De Kooning en les appelant «des couleurs de foie») font scintiller ailleurs les aplats de couleurs vives. Par endroits, dans les détails, cela ressemble aux petits éclats de couleurs qui flottent devant les yeux quand on ferme les paupières, ou à de mini-galaxies de pierres précieuses. L’espace figuré dans ces toiles est complexe et profond, on a l’impression d’éléments flottant sur plusieurs plans entre deux eaux. Plusieurs tableaux montrent d’ailleurs des étendues liquides avec leurs transparences et leurs reflets (réminiscences d’un «monde flottant»? – même si l’on sait que l’acception première de cette expression japonaise est tout autre). Il y a des tourbillons à la Vinci (dont Yu Matsuoka est une lectrice érudite), des effets de kaléidoscopes (qu’elle affectionne). «Regarder des belles images», dit l’étymologie du mot kaléidoscope. C’est précisément à quoi l’exposition de Yu Matsuoka nous nvite.
Le tourbillon des petits joyaux (ou taches, ou pétales), qui complexifie l’espace de ces paysages n’est pas distribué «all-over» comme dans certains tableaux de Peter Doig dont ils évoquent parfois le chatoiement. Les taches se concentrent en constellations plus ou moins denses qui contrastent avec les zones vierges, en un équilibre qui évoque clairement l’usage du vide dans la peinture paysagère extrême-orientale. Mais le vide, chez Yu Matsuoka, n’est pas le support laissé en réserve, c’est un vide peint.
L’héritage japonais de Yu Matsuoka affleure partout, mais dans une virtuose synthèse. Par exemple dans ce paysage panoramique (qui a la beauté des paravents dorés et végétaux de Sotatsu Tawaraya) où elle utilise, de manière détournée et peut-être inconsciente, le topos du pin tortueux à la symbolique si codée.
Il convient de dire un mot sur la méthode de Yu Matsuoka, du moins sur celle utilisée pour les tableaux de cette exposition. L’artiste commence par collecter des photos, non les siennes, mais des photos trouvées dans des livres ou sur Internet. Les motifs une fois retenus, elle trace sur sa toile, au pinceau, dans diverses couleurs, un écheveau de lignes très denses qui décrivent non seulement les contours des formes observées mais aussi celui de toutes les données visuelles présentes: reflets, valeurs, ombres. Elle remplit alors de couleurs ce lacis complexe, en un patient travail de coloriage. Les aplats qu’elle pose gagnent vite en richesse par le jeu des superpositions. Le motif de départ disparaît sous la fragmentation colorée.
Dans la plupart des tableaux il n’est presque plus reconnaissable (Yu Matsuoka a inauguré cette méthode dans ses extraordinaires paysages de montagnes dessinés au feutre et publiés l’an dernier dans Frédéric Magazine).
EXPRMNTL Galerie
18 rue de la bourse
31000 Toulouse – France
+ 33 562.27.26.92
06.74.70.24.17
www.exprmntl.fr










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